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26/07/2010

LE NOUVEAU COURRIER OU LE JOURNALISME D'IVESTIGATION

Le rôle des médias dans la conduite des affaires d'un pays a pris une dimension indispensable, du fait de leur influence sur les positions des gouvernés et des gouvernants.Ainsi, le journalisme dit "d’investigation" est un outil primordial pour contrecarrer la corruption et la mauvaise gouvernance dans les États en aidant à la construction de la justice notamment pour suppléer des institutions de justice et judiciaire qui transpirent de la main mise indéniable du politique, donc objectivement défaillantes.


Le journalisme d'enquête, ou journalisme d'investigation, est un genre journalistique qui se caractérise par la durée de travail sur un même sujet et par des recherches approfondies.On retrouve dans cette catégorie des journaux comme le Canard enchainé et Mediapart (qui révélait il y a peu des informations qui ont conduit à ce qu'on qualifie désormais d'affaire Woerth-Bétancourt) en France.

En consultant plusieurs sources et en interrogeant plusieurs spécialistes du sujet ou témoins des événements, le journaliste d'investigation peut trier plus efficacement les informations et découvrir des faits inédits. Sa connaissance des faits tiendra donc mieux compte de la réalité et son analyse sera ainsi de meilleure qualité.

Hervé Bourge déclarait à Dakar en 2005 que « dans tous les pays du monde, le journalisme d’investigation est l’un des principaux remparts démocratiques contre les abus de pouvoir, de droit, de position dominante. Style de journalisme indispensable à la transparence civique, sa contribution à la démocratie particulièrement en Afrique est évidente » .

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Malheureusement, il vit une période difficile qui menace sérieusement son existence.la situation que vit Théophile Kouamouo et ses confrères du Nouveau Courrier en est une illustration...malheureuse.

Alors question.Au delà du cas présent,qu'est ce qui explique le durcissement des positions des États africains vis à vis du journalisme d'investigation?car à la vérité, la presse dans sa composante investigation, est aujourd’hui moins entreprenante et moins courageuses.

D'abord, l’environnement dans la plupart des pays africains lui permet de moins en moins de s’exprimer sans contraintes. Les régimes politiques,même s’ils n’ont plus recours à l’emprisonnement systématique des journalistes du fait de la dépénalisation des délits de presse, utilisent des armes encore plus dissuasives: des amendes colossales, la menace de l’interdiction d’exercer, les mesures entravant l’accès aux sources d’informations et les boycotts publicitaires.Le journal de Puice Njawé,Le Messager au Cameroun, à été conduit au bord de la faillite par les autorités politiques,qui avaient entrepris une campagne de dé-crédibilisation contre lui,faisant fuir ainsi tous les annonceurs
Il faut souligner aussi les perte en vies humaines au sein des journalistes d’investigation.On oublieras pas Flauribert Chebeya en RDC.

Ensuite, les entreprises de presse, de plus en plus , n’arrivent pas pour raison de survie certainement, à se soustraire des contraintes d'une logique de marchandisation et de consommation marquée dans nos pays par la facturation et la politique du gombo.Le risque est alors de voir le journalisme d'investigation se transformer en journalisme d'intoxication.

Enfin, les atteintes récurrentes à la déontologie, ont fini progressivement par la discréditer aux yeux d’un publique exigeant en termes de transparence, de rigueur et de professionnalisme.Ce que les autorités politiques utilisent savamment en jouant ainsi sur l'image d'une presse perverse.Préjugés, manipulation, mensonges etc on pour effet le discrédit et un manque de confiance vis-à-vis des journalistes.


Théophile Kouamouo et Nouveau Courrier ont-ils été à l'encontre des règles de la déontologie de la presse? Ont ils mentis ou manipulés des faits? Se sont ils rendus coupables de vol de documents confidentiels? Avaient ils le droit de publier ces dit documents? Ou alors ont ils tout simplement fait leur travail d'investigation dans les limites de la loi?

Il reviendra à la justice (?) de répondre à ces interrogations.Mais en tout état de cause et en attendant des résultats,les actions de la police criminelle ainsi que celle du Procureur d'arrêter des journalistes et vouloir les forcer à révéler leurs sources doit être condamnés avec force!

Soutient à Théo pour que vive une presse libre et indépendance,une presse qui ne se limite pas à être une caisse de raisonnable des chapelles politiques!!!

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Commentaires

Fin du "Procès de la honte". Théophile Kouamouo et ses collègues du journal Le Nouveau Courrier relaxés.

Écrit par : Mohamed Radwan | 26/07/2010

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