topblog Ivoire blogs

26/07/2010

LES ENJEUX DES ELECTIONS EN COTE D’IVOIRE

Les prochaines élections présidentielles en Côte d’Ivoire, qui auront lieu fin Février-début Mars 2010, constituent à bien des égards un challenge pour les Ivoiriens.


Ce sont les premières depuis le déclenchement de la crise politique et militaire de Septembre 2001.Ce sont des élections organisées par un gouvernement d’union nationale dans lequel siège des partis politiques tous plus ou moins fabriqués. Ce sont enfin, et c’est à n’en point douter très important, les premières qui verront la participation de « tous » les candidats y compris ceux qui jadis avaient été écarté de la course à la présidentielle pour une raison ou une autre.

Ces élections sont organisées sous la présidence du FPI, qui après 30 années dans l’opposition politique a accéder au pouvoir après des élections « calamiteuses ».Il reste malheureusement, que le FPI n’a toujours su empêcher la déconvenue de la Refondation, l’attrait de l’argent facile ayant eu raison de certains !

Ce sont donc les premières véritables élections après le règne sans partage de PDCI RDA, qui en 40 années avait excellé dans sa politique de délégitimation du jeu électoral. Pour ce faire, et depuis 1960,de scrutin en scrutin, le PDCI avait raffiné les procédures de manipulations, en passant du bourrage des urnes et des listes (absence de multipartisme oblige) avant 1990 à des méthodes plus subtiles mais pas moins perverses comme l’technicisation du débat politique.

Avec ces nouvelles élections qui s’annoncent, c’est une autre ère politique, sociale et économique qui se dessine. La probabilité que ces élections se tiennent dans des conditions de transparence et de sérénité n’est cependant pas grande au vu du climat de méfiance et de suspicion qui règne. En effet entre le RHDP qui dénonce une « caporalisation » des médias d’Etat par le camp présidentiel et le camp présidentiel qui lui demande la démission du Président de la CEI qui s’est rendu coupable de manipulation inacceptable sur la liste électorale, la tension commence à monter.

Ces élections se tiendront dans un contexte politique en pleine mutation et de nombreux éléments peuvent influencer le déroulement, les résultats et l’interprétation de ce scrutin.

1. LE FACTEUR DEMOGRAPHIQUE :

Le premier élément structurel est l’évolution démographique de la population, caractérisée d’une part par un accroissement important des jeunes électeurs et d’autre part par celle des candidats.

2. LES FORCES NOUVELLES :
Le jeu politique est aujourd’hui (même si on ne le dit pas assez), largement déterminé par la présence des Forces Nouvelles, qui au demeurant occupe toujours la moitié nord du pays. Certes, elles ne sont pas un parti politique mais elles restent une force politique non négligeable, notamment dans les zones qu’elles occupent. Il serait logique que les partis politiques « traditionnels » cherchent à les rallier à leur cause par des affinités naturelles (le RDR notamment qui n’a jamais caché son affection pour les forces nouvelles et réciproquement d’ailleurs) ou stratégiques.

3. LES PETITS PARTIS ET LES INDEPENDANTS :
Dans les transformations du champ politique, il ne faut pas omettre la présence des « petits partis » et des candidats indépendants. Cette présence massive pourrait avoir une importance déterminante au niveau national puisqu’elle pourrait déboucher _en cas de deuxième tour et donc de report des voix _sur l’établissement d’un nouveau rapport de forces entre les différents acteurs. Les plus petits disparaitront dans une jungle ou ils feront figurent d’agneaux et ceux qui s’en sortiront mieux devront faire allégeance à des forces plus grandes pour survivre. Mais tout ceci est de bonne guère.

4. LA JEUNESSE :
la société ivoirienne est aujourd’hui mûre à s’exprimer politiquement. L’exercice des libertés publiques commence à être maitrisé et l’apprentissage de nouveaux modes d’expression politique s’affinent chez une jeunesse plus consciente. Il ne s’agira donc pas de soutenir le candidat qui aura distribué gracieusement le plus de tee-shirts frappés de son portrait, ou celui qui est de la même région ou religion !

5.LA SITUATION ECONOMIQUE :
L’indice de défaillance des Etats 2009(Failed State Index) publié par la revue « Foreign Policy » basée aux USA, classe la Côte d’Ivoire au rang de 11ème État défaillant sur 177 ,en se basant sur douze indicateurs sociaux, politiques, économiques, sécuritaires et militaires. C’est dire à quel point il ya urgence à retrouver un climat politique apaisé !!!

La situation économique devrait être un ultime déterminant dans l’environnement électoral. En effet, la misère des populations ne cesse de croître et l’enrichissement des élites politiques et autres porteurs d’eaux apparaissent comme une insulte à l’intelligence et à la souffrance du peuple. Jamais de mémoire d’ivoiriens on aura vu autant de rutilantes 4X4 et autres berlines de luxes dans un pays pourtant en crise !!!
Cette situation a pour conséquence de nourrir un fort sentiment de scepticisme des populations vis-à-vis de la capacité des politiques à conduire le pays sur la voie du développement. Il reste malheureusement que certains candidats en empruntant cette brèche promettent des pluies de milliards. N’empêchent, ces élections seront fortement influencées par la montée des inégalités et de la pauvreté. Des beaux discours et quelques boutades ne suffiront pas cette fois ci.

6. LA CEI :
Ce contexte et ses évolutions ne sont pas tous de nature à favoriser le bon déroulement du processus électoral d’autant plus que la date des élections reste encore inconnue. La CEI s’efforce tant bien que mal de faire en sorte de respecter le délai de début Mars 2010.Mais là encore la démarche relève de la gageure. Car, tenons le nous pour dit, au rythme ou vont les choses il n’y aura pas d’élections de si tôt. Il reste aussi que les manœuvres pour le moins suspectes du Président de la CEI ne vont certainement pas dans le bon sens.

Comme le montre notre analyse, les enjeux des ces élections sont cruciaux.Les choses pourraient aller mieux, pour peu qu’il y ait un peu de bonne volonté et de responsabilité de la part de chacun !Certes aucun des choix proposés n’est parfait. Il faut choisir le moindre mal. Malheureusement et parallèlement, la contestation se prépare déjà lorsque dans les états majors des partis, l’on conditionne les militants au rejet systématique de tous résultats en défaveur du bien aimé candidat. Le seul mot d’ordre semble être « on gagne ou on gagne, si on ne gagne pas…on gâte !» Attention !

12:10 | Commentaires (0) |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.