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13/11/2010

Alassane Drame Man:Le dédut du drame

Pour avoir une chance d’être élu à la présidence de la République, il faut réunir trois conditions idéales. La première : avoir atteint une dimension nationale incontestable. La deuxième : être au pouvoir ou l’avoir exercé longtemps. La troisième : avoir l’appui d’un bon appareil de parti. POMPIDOU (Georges)


A la veille du second tout de l’élection présidentielle ivoirienne, prévue en principe le 28 Novembre 2010, la Côte d’Ivoire connaît incontestablement un climat politique délétère, pernicieux, dont la perpétuation voire la dégradation, pourrait durablement altérer le climat démocratique national.
Le désarroi et l’inquiétude viennent de ce que la Côte d’Ivoire a depuis longtemps perdu des pratiques politiques qui l’avaient longtemps fait passer pour une exception dans un continent dont bien des régimes politiques ont eu du mal à se plier aux exigences de l’Etat de droit et à de saines et incontestables compétitions électorales. L’exception ivoirienne, déjà sérieusement remise en question depuis 1999 à fini par sombrer dans l’abime en Septembre 2001 et pourrait, si l’on n’y prend garde, ne plus être qu’un lointain souvenir.

Et si, dans certaines périodes de l’histoire politique nationale, une formation partisane a pu « écraser » d’autres courants de pensée, nantie qu’elle était des moyens de l’Etat et bénéficiant d’une sorte de consensus sur l’unité du pouvoir d’Etat, consensus typique des nations en construction, le sens ou le sentiment du « libre choix » n’a jamais été réellement évincé de l’esprit des citoyens et a toujours été incarné par un homme, Laurent Gbagbo qui trente ans durant, a mener une opposition civilisée et pacifique.


En Décembre 1999, malheureusement, une première brèche s’ouvrira ainsi dans la tradition politique de notre pays. Jusque-là, les joutes électorales demeuraient circonscrites au champ strictement politique, et ne mettaient en scène, effectivement, que les protagonistes du jeu, c’est-à-dire les partis politiques. Désormais, des institutions censées être politiquement neutres, c'est-à-dire l’armée, se retrouvaient, jetées dans les batailles politiques. Cette péripétie de la vie démocratique nationale est fondamentale pour comprendre la situation actuelle : elle marque le retour d’un homme par qui viendra dans l’impasse que nous connaissons aujourd’hui : Alassane Dramane Ouatarra.

Suivons dans cette première partie le parcours de Drame man...pardon Dramane Ouattara.

I-Ouattara,le début du drame

1990. Le président Houphouet fait face à une fronde consécutive à une crise politique, économique et sociale majeure. La rue bouillonne et le pays est au bord de la rupture. Houphouet, pour la première fois, est sérieusement ébranlé de l’intérieur. Les mesures de réduction des salaires que préconiser par son ministre des finances ne font qu’aggraver la situation. Pour tenter de ramener le calme, le fondateur du PDCI-RDA, après consultation du Bureau politique de son parti, prend deux mesures.

D’abord, Houphouet instaure le multipartisme le 30 avril 1990, c’est l’aboutissement du combat de Laurent Gbagbo. Ensuite il fait appel à M. Alassane Dramane Ouattara, alors gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) qui avant de prendre la tête de ce poste occupait celui de vice-gouverneur pour le compte de la Haute Volta, aujourd’hui Burkina Faso, son pays d’origine. C’est le point de départ du drame ivoirien…

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II- Ouattara, le technocrate????

Dès son arrivée à la primature Ouattara prend une première mesure qui fera date : l’instauration de la carte de séjour. Avec cette mesure discriminatoire le messie venu de la BCEAO, il espérait récolter quelque huit (8) milliards de FCFA pour renflouer les caisses de l’Etat. Mais cette mesure se transformera le début de la galère des ressortissants de la sous région qui seront pourchassés et gazés parfois jusque dans les mosquées sur ordre du premier ministre pour les contraindre à payer la carte de séjour. En définitive, l’instauration de la carte de séjour institua la catégorisation des populations en Côte d’Ivoire.

Ensuite le sieur Ouattara s’attaque aux agents journaliers à la Fonction publique qu’il licencie par milliers faisant du coup grimper le taux de chômage. Selon les statistiques de la Fonction publique, ce sont 12.000 agents journaliers que Ouattara a mis au chômage forcé. En Côte d’Ivoire comme partout en Afrique, un travailleur nourrissant au moins 10 personnes, ce sont environ 120.000 personnes à qui Ouattara a arraché le pain quotidien, semant ainsi la désolation dans plusieurs familles.

La troisième mesure phare a été le vaste mouvement de privatisation des entreprises d’Etat. Au nombre de celles-ci, les Travaux publics (TP), le point culminant des ces privatisations sera la rétrocession à 1 F symbolique de l’eau, l’électricité et le téléphone à la France par l’entremise de la multinationale Bouygues. Conséquence : ces secteurs qui touchent à la souveraineté du pays sont ainsi bradés.

Finalement, en lieu et place de l’économiste chevronné dont on avait parlé, les Ivoiriens découvriront un simple collecteur de fonds qui, par un certain nombre de mesures impopulaires, bouleversera tout le pays.

III – Ouattara et la crise de l’école ivoirienne

Pour boucler la boucle de déstabilisation de la Côte d’Ivoire, le Premier ministre Ouattara s’attaque à l’école ivoirienne et sa première cible sera le corps enseignant. Il introduit, dans ce milieu, un salaire à double vitesse à partir de 1991. Les enseignants recrutés à partir de cette année-là, aussi bien dans le supérieur, le secondaire que dans le primaire, touchaient la moitié du salaire de leurs devanciers. C'est-à-dire que, pour deux enseignants qui ont la même qualification et le même volume de travail, celui recruté à partir de 1991 touchait désormais la moitié du salaire de celui recruté avant 1991. Une mesure discriminatoire inédite et unique en son genre dans le monde!

Évidemment, cette mesure a provoqué, au niveau du corps enseignant, la démotivation et la fuite de nombreux cerveaux vers d’autres cieux à la recherche de conditions de vie et de travail meilleures.
S’agissant des étudiants, il supprimera la gratuité du transport et augmentera le coût des prestations dans les restaurants universitaires et celui du loyer des chambres des étudiants. Du coup, les étudiants, qui n’ont pas les moyens de se prendre en charge seront confrontés à d’énormes problèmes. Quant aux enseignants raccrochés, appauvris et démotivés leur vendent des fascicules qu’ils ne peuvent acheter. Conséquence immédiate, le rendement scolaire en prend un coup. En vérité, le technocrate Ouattara a tué l’école ivoirienne depuis 1990.

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IV – Ouattara, le pourfendeur des liberté politiques et syndicales

Pour faire passer ses mesures impopulaires Ouattara ne trouvera rien de mieux que de tenter de neutraliser les syndicats, notamment dans le milieu enseignant. Dès que ceux-ci ont engagé des actions de protestation légitimes contre ces mesures injustes, le Premier ministre d’ Houphouet a bandé ses biceps : suspension de salaire et réquisition des enseignants ! Quant aux élèves et étudiants, il lance à leurs trousses les forces de l’ordre et des loubards recrutés et payés sur fonds public pour casser leur mouvement. Les chefs du “commando” de Ouattara étaient l’actuel ministre des NTIC, Hamed Bakayoko, et feu Thierry Zébié. Les responsables et militants de la FESCI étaient leur cible.

Mais la plus grosse victime de l’affrontement entre les loubards de Ouattara et les étudiants ivoiriens fut incontestablement le pauvre Thierry Zébié. Dans son zèle à vouloir faire plaisir à Ouattara il défia plus de 15 mille étudiants de la cité Mermoz à Cocody.Et Thierry Zébié fut sacrifié ! Pour venger sa mort, Ouattara a organisé, dans la nuit du 17 au 18 mai 1991, une expédition punitive à l’ex-cité universitaire de Yopougon Toits Rouges. Cette nuit-là, alors que les étudiants étaient endormis, ils ont été surpris, sur instruction du Premier ministre Ouattara, par les éléments d’une unité d’élite de l’armée, la FIRPAC…

En résumé de cette première partie que retenir?

Lors de sa première conférence de presse au palais de la présidence au Plateau Ouattara promettait de redresser l’économie ivoirienne en 100 jours. Mais, les 100 jours sont vite passés et rien n’apparut à l’horizon. Il revit alors ses prévisions et repoussa la barre à 1000 jours. Mais alors question : que représentent 100 ou 1000 jours dans la vie d’un pays ? Là aussi les choses vont très vite.

Aujourd'hui Ouattara, parcourt le pays en promettant des pluies de milliards de FCFA pour espérer se faire élire président de la République de Côte d’Ivoire.Mais se souvient-il de son échec à la Primature entre 1990 et 1993 ? sait-il qu’il n’est pas à ses premières promesses et que celles de 1990 attendent toujours d’être tenues ? Ouattara nous prendrait-il pour des des pantins qu'il peut endoctriner sans aucunes peines?

Qu' a bien pu faire le peuple ivoirien a pu bien faire au ciel pour mériter tel sort depuis déjà 20 ans....


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Commentaires

ADO est-il la solution de la Côte d'Ivoire? Si oui alors C une mauvaise solution qui a déjà été démontré par le passé

Écrit par : Mohamed Radwan | 13/11/2010

Cet homme est une menace à prendre très au sérieux! Pour preuve, observez combien de fois le pays marche à l'envers depuis quelques temps. Il a même réussi à neutraliser Bédié, qui, comble de l'humiliation pour un chef, est en train de se dédire lamentablement en le soutenant !!! Il y a plus qu'anguille sous roche.

Écrit par : Harris | 13/11/2010

Beh voilà C là toute la stratégie politique de l'homme : déformer la réalité,mentir à tout vent et ensuite de poser en victime.Ce qui me désole, C ke G ne comprend vraiment pas ce ses partisans peuvent lui trouver.Parce qu'au fond kel est s...on bilan pour la gestion de 1991 à 1993.NEANT.Que de mensonges et de vaines promesses.On a déjà vu ce dont il est capable en 100 jours comme en 1000.Alors que ceux qui croient que le peuple de Côte d'Ivoire lui donnera 5 ans pour qu'il continu ses expériences sur nous se détrompent.Ouattara perdra ses élections et enfin nous pourrons tourner la page et reprendre notre marche vers le progrès.

Écrit par : Mohamed Radwan | 13/11/2010

Il était premier ministre en 3ans mais votre candidat GBAGBO a été président en 10ans avec un bilant sauvagement négatif.

Ce qui l’emmène a orchestrer une campagne de DIABOLISATION contre ADO au lieu de défendre son bilan et de parler de son programme pour les 5ans.

Les IVOIRIENS ont besoin d’améliorer leur condition de vie dans leur ensemble et pour cela on doit voter ADO.

ADO a plus a prouvé aux IVOIRIENS que GBAGBO

Écrit par : herve gohouri | 15/11/2010

ADO a fait mieux que Gbagbo??? dites moi un peu ce qu'il a fait parce qu'a vous lire G l'impression qu'on ne vit pas dans le même pays.

VOICI LE BILAN DU FMI, DES FAITS, UNE VERITE : ADO VOUS MENT, VOTEZ GBAGBO LE PARTI DE LA PAIX, DE LA STABILITE ET DE LA PROSPERITE

ADO (1990-1993)
Le PIB était de -1,1% en 1990,de0,0% en 1991, de -0,6% en 1992 et de-0,2% en 1993 [[alors qu’i...l était de + 1% en 1988 et de2,9% en 1989]].

Bedie (1994-2000)
Sous le Président Henri Konan Bédié, le PIB de (1994 à 2000) était de 7% en 1995, de 1,6% en 1999 et de -3,7% en 2000. Les denos (dépenses non ordonnancées) étaient de 350 milliards et les passifs de 17%.

Laurent Gbagbo (2000-2009)
sous le Président Laurent Gbagbo le budget de l’Etat n’a fait que progresser. Il est passé de 1289 milliards en 2001 à 2529 milliards en 2009 soit 96,22% d’augmentation et un solde créditeur de 69 milliards en 2003.
Le stock de la dette est passé de 64 00 milliards à 4000 milliards aujourd’hui. PIB de -0,0% en 2001 et de -1,4% en 2002 (rebellion)

le PIB sous Laurent Gbagbo avec 40% du territoire (sans la zone CNO)
PIB de -1,6% en 2003;
de 1,8% en 2004;
de 1,3% en 2005;
de 0,7% en 2006;
de 1,6% en 2007;
de 2,3% en 2008;
de 3,8% en 2009 (+4 % prevue pour 2010)

Vous pouvez vous rendre compte que LG est loin devant ces adversaires, avec que 40% du territoire ce qu il peut faire,

Source: la banque mondial
http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NY.GDP.

Écrit par : Mohamed Radwan | 15/11/2010

ADO a etablie pendant son mendat de premier Ministre les mesures de redressements que toute les nations developper aplique en en temp de crise finaciere (2010) ,pour parler de l'exemple de la Grande Bretagne, ou se ne sont pas des salaire des fonctionnaires des services publiques qui serons diminuer mais la perte d'emploie de millier de policier, du personel ensignant etc.. des etuduants qui verons leurs frais scolaires triple(£3500 a £9000) l'annee. les titres de sejour 2003(£450)2010(£775).

Pourquoi S'attarder sur des chiffres et un passer justifier d'ADO quand Monsieur laurenT Gbagbo n'a nullement respecter sa prioriter qui est le bien etre du peuple .

Écrit par : JC gblaze | 19/11/2010

Comment Gbagbo aurait-il pu? Son élan a été freiner en Septembre 2002 et à Marcoussis c'est un autre programme ce gouvernement qu'on lui a demandé d'appliquer.Comment voulez vous que le bien être du peuple puisse rester la priorité si pendant 10 ans toute l'action gouvernementale (de gouvernements ou tous les partis politiques ont toujours été représentés) était focalisé sur la l'application des accords de paix?Mais le Président Gbagbo s'est donné d'autres priorités tout en assurant toujours le minimum vital au peuple en attendant la fin de la guerre.

Écrit par : Mohamed Radwan | 19/11/2010

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