topblog Ivoire blogs

10/03/2011

Manifeste pour une Côte d’Ivoire nouvelle

"Ce qu'on ne perçoit pas, ou ce qu'on perçoit mal, c'est que l'Afrique est dans doute le seul continent à produire encore de la relation sociale ou, plus précisément, à innover socialement (...)
Le continent africain fabrique l'antidote sous nos yeux, mais nous ne le voyons pas. Ce qu'on a appelé l'afro-pessimisme est sans doute l'une des plus grandes fautes de jugement de ces vingt dernières années. La vitalité protéiforme du continent noir pourrait bien produire, quelque jour, le miracle africain. Ce n'est pas une certitude, seulement un pari et un espoir. Ils ne sont pas dénués de raisons".

Philippe Engelhard

paix.jpgCe texte s’adresse à tous ceux qui ont le sentiment que la Côte d’Ivoire s’engage dans une impasse dont les conséquences, si on n’y prend garde, pourraient être désastreuses. En souhaitant que ce texte contribue humblement à alerter l’opinion et à modifier des attitudes et des comportements trop souvent étrangers au drame que se joue sur la terre d’Eburnie.


L’ampleur du désordre qui s’installe devient inquiétante.
D’un côté une classe politique qui se déchire en proie à ses propres contradictions, l’ego et l’orgueil des uns et des autres semblant surpasser leur amour réel ou supposé pour ce pays.
De l’autre des nations impérialistes entrainées par des intérêts énergétique et stratégiques, forment une ligue dont les desseins sont assurément loin d’être ceux des Ivoiriens. L’amour et l’humanitaire ne sont pas le ressort des leurs actions. L’ « irréductible humain » est désormais soumis aux pesanteurs de la sagacité hypocrite des forts.

Au milieu de ce jeu d’intérêts, des masses humaines, des Ivoiriens de plus en plus en proie à la malnutrition, aux maladies et au sous-développement humain. Prisonniers et incapables de se libérer de cet étau. Pour ceux-là, et à un horizon prévisible, apparaissent les signes du tarissement des ressources essentielles à la vie et la menace de perturbations fatales, la vie humaine ayant perdu toute sacralité. Notre conscience collective absorbe tous les jours et de plus en plus facilement ces images de corps calcinés ou égorgés.

Ce drame qui se joue au delà de nos soucis quotidiens, beaucoup en prennent conscience et en sont angoissés. Mais nous nous sentons incapables d’en percevoir les dimensions et impuissants à y remédier en quoique ce soit.
A tous ceux, individus ou groupe, qui ne se résignent pas mais veulent, même modestement, contribuer au redressement de cette situation, ce texte, manifeste pour une Côte d’Ivoire libérée, vient vous apporter soutien et encouragement ainsi que quelques pistes de réflexion.

unityCI.jpg



Pour rester debout la Côte d’Ivoire doit rester unie
__________________________________________________________________________

La Côte d’Ivoire vit une crise profonde et globale ; des Ivoiriens de tout bord et de toutes tendances en souffrent et en meurent. Mais une certaine élite politique, accaparées par leurs ambitions, entravées par les pressions de toutes parts, enfermées dans leur égo et leur orgueil, se réfugient encore derrière la façade de leurs certitudes.

Les « grands pays » avancés, qui sont aujourd’hui confrontés eux-mêmes à de graves crises, restent pourtant aveugles sur leur propre situation et s’engagent dans une fuite en avant qui les rend incapables de remettre en cause leur approche des problèmes de l’Afrique en particulier et les portées concrètes de leurs diplomaties trop souvent arriérées et nostalgiques de l’époque jacobine.
Elles ne s'aperçoivent pas ou du moins se jouent avec cynisme des injustices croissantes et des divisions que génèrent leurs actions dans chaque pays et entre les pays. Dans leurs pratiques, ces Etats sont sourds aux cris qu'élèvent les hommes en détresse ou en révolte : peuples dominés, nations humiliées, jeunesse qui crie révolution partout dans le monde. Aujourd'hui, l'appel de ces peuples pauvres et opprimés devient revendication, contestation, clameur, révolte, volonté révolutionnaire.
Ces révolutions en cascade sont plus le rejet de cette communauté internationale qui hier pourtant soutenait ces dictatures, plus que l’exaspération des peuples de leurs dirigeants. Ceci entrainant cela, ceux qui tombent ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Les vertueuses indignations de la dite « communauté internationale » en deviennent alors plus perverses et mauvaises.
Eux, les chantres des droits de l’Homme n’hésitent plus à priver des peuples entiers de ressources essentielles et même de médicaments. Aujourd’hui Abidjan comme Gaza paye le prix de la crise des intérêts occidentaux.

Face à l’irresponsabilité des uns et des autres, que doit faire l’Ivoirien lambda, ceux qui souffrent et meurent tous les jours, égorgés ou brûlés vifs ?
Que deviennent ceux qui manquent de médicaments dans les hôpitaux et qui meurent de faim quand les banques ferment, avec toutes leurs économies ?
Que deviendront ces enfants qui voient leur environnement se dégrader chaque jour, qui voient le discours de leurs parents se durcir ?
Que deviendront ces enfants qui ne sont plus choqués par ces images atroces de personnes égorgées ou brûlées vives, ces images de sang et ses bruits de guerre ?
Que voulons-nous pour notre pays ?
Que nous réserve demain alors que aujourd’hui est si dur et demain tellement incertain ?
Aimons-nous la Côte d’Ivoire ? Et d’ailleurs qu’implique cet amour réel ou fictif ?

Nous devons répondre à ces interrogations en adoptant collectivement une autre conduite et des pratiques différentes permettant le véritable développement de tous. Cela va exiger, à n'en pas douter, des transformations radicales et parfois douloureuses dans le comportement social des individus et des groupes.
Cependant, il serait tout aussi dangereux de répondre à ces exigences nouvelles de construction d’une Côte d’Ivoire économiquement et politiquement libre par des propositions hypocrites ou dilatoires. Les jeunes, les démunis, les « sans voix » que nous sommes ne pouvons plus accepter de vivre sans avenir et sans espoir.
Certes la résistance des structures et des mécanismes de pression des Etats dits grands et de leurs représentants ivoiriens sera grande et la réaction de certains groupes politiques et militaires privilégiés par cette situation de crise sera très forte. Malheureusement notre classe politique comprend plus d’hommes et de femmes d’ambition que de conviction. Mais nous avons le devoir de surpasser ces ambitions aussi légitimes soient-elles.

Nous devons pour cela reconnaître, au delà de cette crise, que la Côte d’Ivoire a besoin d’une nouvelle visée directrice, d’un nouveau vouloir commun pour remplacer la froide organisation qui s’est construite au fil des crises et des compromis hypocrites. Repenser tout notre système politique doit être l’une des tâches primordiales. Il faut alors oser une nouvelle voie, une voie qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de stabilité et de démocratisation. Une voie où la politique prendrais tout son sens, c'est-à-dire là les préoccupations du peuple sont au centre de toute action.


Nous devons nous engager à soutenir les efforts de paix qui sont faits pour redécouvrir, comprendre et revaloriser l’héritage de l’Union, de la Discipline et du Travail. Ce qui implique de bannir tout comportement et parole incitant à la haine.

Mais aujourd’hui nous nous devons de continuer notre lutte, ensemble, pour que s’organise la résistance active à l’aliénation et à la dépersonnalisation de notre pays et au delà de toute l’Afrique et pour que s’affirme une volonté politique réelle de la Côte d’Ivoire de contrôler les pouvoirs économiques et techniques nécessaires à son développement.
Nous devons enfin nous engager à devenir les artisans exigeants et surtout vigilants de la construction d’une nouvelle Côte d’Ivoire, en étant les promoteurs d’une véritable cohabitation entre tous les peuples de notre Nation.

Soyons les messagers d’une volonté forte, des Ivoiriens et des Africains porteurs d’une espérance qui ne se démente jamais.
La Côte d’Ivoire nouvelle ne peut résulter que d’une nouvelle volonté politique commune. Ne pas démissionner devant une pareille tache implique certes un grand effort tant individuel que collectif. Mais cet effort est tout simplement le prix du futur.


Par Mohamed Radwan
Paru dans Le Nouveau Courrier du Mercredi 09 Mars 2011

10:32 | Commentaires (8) |  Facebook | | |

Commentaires

Malheureusement notre classe politique comprend plus d’hommes et de femmes d’ambition que de conviction. Mais nous avons le devoir de surpasser ces ambitions aussi légitimes soient-elles.

Voilà énoncé notre plus gros problème

Écrit par : Claudus | 14/03/2011

Chapeau à toi. cher ami, tu fais bien de dire que nous devons dépasser nos ambitions. je crois que ce qui doit nous rassembler, c'est la vision que nous avons pour notre pays. Quel pays voulons nous bâtir et avec quels citoyens? Quelle nation voulons nous construire? Une fois que nous aurons trouvés des réponses à ces interrogations, nous saurons quels attitudes adoptées.
Personnellement je crois que cette crise est l'occasion pour nous de tracer notre voie. Je veux dire par là que l'occasion nous est aujourd'hui donnée d'arracher notre liberté et notre dignité. Ces deux termes dessinent notre vision:il s'agit pour nous de construire une nouvelle société, qui ne soit pas une société lige. Si dès le départ, notre pays avait été un pays indépendant, à tout le moins, relativement libre, on aurait pu évité la présente crise. A l'heure actuelle il serait difficile d'adopter une ligne médiane tellement les positions sont tranchées. Pas que nous ne pouvons pas, mais il n' y a pas de place pour la ligne médiane.De deux choses l'une. Soit, la communauté internationale se ravise et elle se sera discréditée à jamais, soit la CI décide de résister et "bonjour la galère" pour une bonne période. Mais n'oublions pas l'essentiel c'est à dire, quel type de société voulons nous? C'est cette clé qui nous permettra de poser des actes. Moi, je me prononce pour une société, libre, débout et digne. Une telle société permet d'impulser le développement.
Amicalement.

Écrit par : ARSENE | 15/03/2011

Merci Arsène.il faut que la nouvelle generation de citoyens et de politiques tire les leçons de cette crise.si nous echouons encore,nous aussi,notre pays en sera encore là pour le cinquantenaire

Écrit par : Radwan | 17/03/2011

DES INDIVIDUS parlent de la communauté internationale comme d'une chose juste ,honnète ,légale.Donc ils l'évoquent ou l'invoquent comme une personne morale qui a bon morale, comme le garant d'un soit disant ou dite DEMOCRATIE, ce qui est souvent difficile à digérer devant tant de faits, comme le cas du GOLF : Les americains avaient chanté et affirmé partout avec leurs experts mondiaux, émissaires et technocrates de l'ONU sur tous les canaux du monde y compris FRANCE 24 et RFI , que L'IRAK detenait une bombe nucléaire, ils ont fait tuer SADDAM HOUSSEIN , tuer des centaines de milliers d'innocents, violer leurs pétroles et après tout cela ,sans hontes , ils avaient affirmé qu'ils se sont trompés ,et comme si rien ne s'ètait passé personne ne paiera pour tout leurs crimes et fautes . ces tant d'actes sont des facteurs qui mettent un frein au principe d'une vraie et effective democratie tant chantée et criée partout, c'est la raison du plus fort ! Personne n'a décidé que les americains sont commandants du monde , ils se sont imposés et l'exercent ,ils ont fait maitres, leurs idéologies et doctrines au monde, grace dans un premier temps à leurs puissances nucléaires avec NAGASAKI et HIROSHIMA etc..,ensuite par la force de leurs INTELLIGENCY;FBI et CIA ,deplus par leurs puissances technologiques ,materielles et monetaires,occasionées par la fédération de plusieurs états, au détriment du communisme representé ces temps là par l'URSS, une puissance mondiale qui s'était retrouvée, divisée et défédéralisée de son union de plusieurs pays d'antan! L'URSS avec son idéologie communiste et sociale qui tendait par principe à égaliser et à rendre sociale la vie des individus . Aujourd'hui ,cette course effreinée vers la consommation ,la modernité , et ce capitalisme sociale et sauvage qui a vu ses limites par cette féroce crise qui sevit aujourd'hui le monde. cette course effreinée qui se détermine chaque jour que dieu fait par la concretisation d'un concept : science sans conscience n'est que ruine de l'esprit. ces elements et pouvoirs forts conditionnent la démocratie ,subordonnent la democratie à leurs intérets petroliers et de diamants etc... C'est la democratie des interèts et non la democratie des idéologies ayant pour souci le bien ètre des peuples et des nations du monde !

Écrit par : N. K.celestin | 18/03/2011

mais il n' y a pas de place pour la ligne médiane.De deux choses l'une. Soit, la communauté internationale se ravise et elle se sera discréditée à jamais, soit la CI décide de résister et "bonjour la galère

Écrit par : tiffany necklaces | 23/03/2011

Il y a une ligne médiane,celle de la préservation de la vie des ivoiriens.La voie de la résistance pacifique.

Écrit par : Mohamed Radwan | 20/05/2011

je conviens avec toi que cette ligne (celle de la préservation de la vie des ivoiriens)ne doit pas être franchi.Cependant quand quasiment toute la classe politique d'un pays se comporte comme des individualistes étriqué aux ambitions matérialistes, peut-on encore parler de ligne médiane à ne pas franchir? quand d'un côté on nous parle de réconciliation et que l'autre des personnes sont emprisonné,des groupes ethniques sont sur la corde raide,ciblé?
De tout mon coeur je pris le seigneur de m'accorder (à moi et à toute les personnes qui ressentent la même chose que moi)la grâce de ne plus être si révolté. Révolté au point de n'avoir qu'une idée en tête "quitter se pays, cette terre,que j'aime tant"

Écrit par : sandy.k | 21/05/2011

Quittez ce pays,qui reste le notre malgré tout,n'est pas forcement la meilleur solution.Beaucoup reste encore a faire,car il est vrai que les exactions des pros-Ouattara continu.C'est a cela que nous l'appelons aujourd'hui car c'est lui qui est au commande désormais.C'est aussi à cela que s'attèle les personnalités du FPI quientendent prendre leur place d'opposition.Soyons juste patients et vigilants, je retiens l'une des dernières phrases de Blé Gougé avant son exil : "ils ont la montre,nous avons le temps".Rien n'est plus vrai.

Écrit par : Mohamed Radwan | 21/05/2011

Les commentaires sont fermés.