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29/01/2012

Privatisation ou « démonopolisation » ?


Les penseurs libéraux soutiennent classiquement la « privatisation » de nombreuses activités publiques. Leur argument, bien sûr, est que le secteur privé fournit des biens et services à moindre coût et de meilleure qualité que le secteur public. Si les libéraux classiques ont raison sur ce point, pourquoi alors penser qu'il y a un problème avec la privatisation ?

La réponse est que les appels à la privatisation passent à côté de la vraie raison expliquant pourquoi le secteur privé fonctionne mieux que le secteur public. Le grand avantage du secteur privé n'est pas tant la propriété privée en soi, mais que le fait que les propriétaires privés se font concurrence. Les libéraux feraient mieux de ne pas opposer les secteurs « privé » et « public », mais plutôt les secteurs « concurrentiel » et « monopolistique ». Si l'objectif est l'efficacité dans la fourniture de biens et services, la propriété privée est une condition nécessaire mais pas suffisante. Au lieu d'appeler à la « privatisation » des services publics, les libéraux devraient favoriser la « démonopolisation ».

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Monopoles privés

Supposons qu'une collectivité locale décide de privatiser la collecte des déchets. Souvent, cela signifie que plutôt que de gérer elle-même l'organisation du ramassage des ordures, la collectivité locale offre le droit du monopole de collecter les déchets à l'entreprise privée la plus offrante. Bien que les entreprises intéressées se concurrencent pour remporter le marché, une d’elles finit néanmoins avec un privilège de monopole dans la localité. Du point de vue du consommateur, un monopole du secteur public a été remplacé par un monopole du secteur privé.

Les monopoles privés pourraient être légèrement plus efficaces que les monopoles publics, d’abord parce qu'ils ont des objectifs d’entreprise privée (en termes de profits et pertes) et, aussi, doivent sans doute faire du bon travail s’ils veulent obtenir un renouvellement de leur contrat. Ces incitations peuvent être plus fortes que celles qui découlent de la capacité des administrés insatisfaits à se plaindre ou voter contre des responsables locaux dans le cas de la fourniture publique de services. Toutefois, il faut noter que le monopole privé doit in fine satisfaire les politiciens qui dispensent le privilège de monopole, pas les consommateurs finaux. Ainsi, pour les administrés, les gains provenant du remplacement d’un monopole public par un monopole privé ne sont pas si évidents.

Imaginons plutôt que la collectivité locale ait tout simplement ouvert la collecte des déchets pour toute entreprise qui souhaite vendre les services aux consommateurs. Cette « dé-monopolisation » conduirait à une concurrence réelle entre des fournisseurs (potentiels), forçant les éboueurs à servir les consommateurs et non pas simplement les politiciens locaux qui distribuent des privilèges de monopole. La concurrence incite les entreprises à fournir des biens et services de meilleure qualité et à moindre coût aux consommateurs, plutôt que des avantages politiques aux agents publics. Bien sûr on ne peut avoir de concurrence sans propriété privée, mais la propriété privée ne suffit pas. La "démonopolisation" est nécessaire pour générer la concurrence qui est au cœur de l'efficacité du secteur privé.

La propriété plurielle

Dans certains de ses derniers écrits, le penseur Friedrich Hayek fait une remarque semblable quand il suggère qu'il est problématique de parler de « propriété privée » et que nous devrions parler plutôt de « propriété plurielle ». La distinction n'est pas juste sémantique. Son argument est que l’aspect important de la propriété « privée » n'est pas qu'elle est privée, mais qu'elle est divisée entre « plusieurs » propriétaires qui se concurrencent alors pour en faire le meilleur usage.

La rhétorique de la « privatisation » peut dissuader des gens qui pourraient être plus ouverts aux idées libérales si nous définissions ces dernières comme l'opposition au monopole plutôt que comme un soutien au transfert des ressources du « public » vers des mains privées. Il est également intéressant de mentionner que le secteur « public » peut être beaucoup plus « privé » que le secteur privé : comparons le peu que nous savons d’organisations du « secteur public » comme la CIA ou la Fed aux USA, avec ce que nous savons au sujet d'Apple, Google, ou d'autres sociétés qui ouvrent régulièrement leurs livres et rendent publics des rapports annuels. Si nous croyons que les avantages de la "démonopolisation" iront au « public » en tant que consommateurs, alors abandonnons le discours de « privatisation ».

La propriété privée n'est pas un but mais un moyen vers une fin. Ce qui importe vraiment est ce qui sert au mieux les administrés en tant que consommateurs de services collectifs. La propriété privée ne permet cela que si c'est dans un contexte institutionnel qui favorise la concurrence. Les libéraux doivent changer la rhétorique et passer de la promotion de la privatisation à celle de la promotion de la concurrence en mettant fin à des monopoles d'État autant que possible. C'est le chemin vers des prix plus bas et d’une qualité supérieure, et vers davantage de liberté.

Steven Horwitz est professeur d’économie à l’Université de St Lawrence aux États-Unis. Cet article a paru initialement en anglais sur www.thefreemanonline.org. Traduction www.UnMondeLibre.org.

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Naissance d'une tyrannie

Samedi 21 Janvier 2012 était un jour de fête pour l’Afrique : celui de l’ouverture de la 28ème Coupe d’Afrique des Nations de football, organisée conjointement par le Gabon et la Guinée Equatoriale, qui n’ont pourtant pas toujours eu des rapports amicaux, comme en témoigne le différend territorial qui oppose jusqu’à présent les deux pays à propos de l’île de Mbanié.

ivb.jpegSamedi 21 janvier 2012 était également la date choisie par le Front populaire ivoirien (Fpi), parti créé par l’ex président Laurent Gbagbo, pour «faire sa rentrée politique» à la place Ficgayo de Yopougon. Dans une escalade verbale par media interposés, les organisateurs promettaient d’aller «jusqu’au bout», d’en faire «une démonstration de force» et une manifestation de soutien «au vrai président de la Côte d’Ivoire déporté à La Haye».

Et alors qu’à travers l’Afrique, tous les amoureux du ballon rond tournaient leurs regards pleins de bonne humeur vers Bata, une tornade de feu, de pierres et de gaz lacrymogène s’abattait sur les nombreux militants du Fpi ayant répondu à l’appel de leur parti, semant mort, blessures et désolation sur son passage.

Ce qui s’est passé à Yopougon ne saurait malheureusement être une surprise pour quiconque : Deux camps figés dans la violence verbale et physique, qui dans des poussées de nombrilisme meurtrier, prennent la majorité des populations ivoiriennes, qui ne se reconnait ni dans l’un, ni dans l’autre, en otage.

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25/01/2012

Alassane Ouattara confirme la catractère tribal de son régime

En exclusivité pour L'Express, le chef de l'Etat ivoirien en visite en France ce mercredi répond point par point aux griefs que suscite son action.


La nomination de nordistes aux postes clefs
Côte d'Ivoire- Ouattara veut -protéger les minorités- - L'EXPRESS.png

"Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité. S'agissant des hauts cadres de l'armée, j'ai eu à négocier avec les officiers des ex-Forces nouvelles [FN, ancienne rébellion nordiste], qui voulaient tous les postes. Et j'ai réussi à imposer cet équilibre dans la hiérarchie militaire, jusqu'au niveau de commandant : le n° 1 issu des FN, flanqué d'un n° 2 venu de l'ancienne armée régulière. Tous grades confondus ; il y a 12 % de nordistes dans la police, 15 % dans la gendarmerie et 40 % environ dans l'armée... Sur ce terrain-là, on ne peut rien me reprocher."

Et dire que Ouattara se présente comme un démocrate et un républicain. Qu'elle honte !

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