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10/03/2012

Portrait d’Homme libre - le «petit» entrepreneur.Chronique de Gisèle Dutheuil


images.jpegQu’est-ce que la liberté ? Ce mot peut paraître abstrait. Il prend cependant toute sa signification quand on le comprend à travers le quotidien des populations. Prenons l’exemple d’un jeune entrepreneur créateur d’une petite ou moyenne entreprise. Entendons jeune, non pas en fonction de son âge mais au sens où il est à la tête d’une jeune entreprise privée.

Dans un cadre de liberté, ce promoteur va pouvoir finaliser les formalités de création de son affaire en moins d’une semaine à bas coût. Il ne connaît donc pas le parcours harassant qui, malgré le guichet unique qui centralise une partie des démarches, est long et cher. Inutile de glisser un billet sous un dossier pour le débloquer. Tout le monde est traité également quelles que soient son ethnie, son appartenance politique et sa nationalité. L’entrepreneur ne connaît pas non plus les sueurs froides lors des premières déclarations d’impôt, ni le stress de faire des erreurs dans la multitude des taxes qui s’imbriquent les unes aux autres.

Pourquoi dans un contexte libéral les formalités et la fiscalité sont simplifiées ? Parce que l’entrepreneur y est considéré comme un acteur précieux du développement et que l’Etat souhaite lui simplifier la vie au maximum pour l’inciter à se faire des profits, à créer des emplois et à ne pas fuir le territoire où il crée la richesse. L’entrepreneur est important. C’est un acteur-clé de la croissance et, à ce titre, a droit à de nombreux égards. Il n’est pas considéré comme une vache à lait ou un voleur qui doit être surveillé. Il est un pionnier de la croissance, un modèle pour la jeunesse qui rêve elle aussi de se lancer dans l’aventure, plus que de trouver refuge dans une administration ou en politique comme c’est le cas dans les pays où la liberté économique est faible. Si le pays est libre, les contrats seront protégés par une justice impartiale et efficace, l’accès à des financements adaptés sera facilité. Dans ce cadre, il n’y a aucune raison de fuir dans un secteur informel peu sécurisant pour les entrepreneurs qui y restent peu productifs dans des conditions fragiles de survie et qui est peu rassurant pour l’Etat lui-même qui voit ses recettes amoindries. Un système de contrats clairs, entre l’entreprise et ses partenaires, qui garantisse les intérêts de tous et incite à l’investissement. Les profits dégagés enrichissent l’entrepreneur privé mais également la société dans son ensemble, car de nouveaux investissements sont alors réalisés et de nouveaux emplois créés parallèlement ; de l’argent est épargné et dépensé ; des impôts aideront l’Etat à assurer ses fonctions régaliennes, notamment la sécurité.

Le consommateur est également plus heureux au cœur d’un système de liberté car si les entreprises sont multiples et dynamiques, la concurrence conduit à une meilleure qualité de produit à des prix moins élevés d’autant que le racket sur les routes n’existant pas dans un Etat de droit, les prix se maintiennent à un juste niveau. Quel intérêt d’acheter un pain cher et mauvais si, à quelques mètres, un boulanger respecte son client et offre de meilleurs produits ? La liberté est assortie d’une profonde moralité car elle incite au respect de l’autre.

Tout est plus simple avec la liberté, les marchandises sont moins taxées à l’entrée et à la sortie du pays donc les échanges sont plus faciles et les possibilités de croissance décuplées. Pour le jeune entrepreneur, cela signifie un accès facile au crédit bancaire, à la propriété privée des moyens de production, à une justice non corrompue et à la concurrence. La liberté n’est pas un mot vide, c’est un moteur !

Gisèle Dutheuil, directrice d’Audace Institut Afrique

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