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04/05/2012

Bilan du pouvoir Ouattara après 1 an : Mamadou Koulibaly dresse un tableau sombre

1336120186photo6293209594fa371582fb1a.jpg''Promesses, désillusions et perspectives'' Tel est le thème du séminaire organisé, le 1er mai dernier, à l’Hôtel Ivoire par Lider, la formation politique dirigée par Mamadou Koulibaly, ex-Président de l’Assemblée nationale. Il dressait le bilan du pouvoir Ouattara, après un an d’exercice. De l’action politique, institutionnelle et sociale ; au plan économique et financier, il en ressort que tous les indicateurs sont au rouge.

Bilan politique et institutionnel

«Il ne suffit pas de vivre ensemble, mais de savoir vivre ensemble. Un an après, la tendance nette qui se dégage, est négative», soutient Mohamed Sylla, délégué national aux réformes institutionnelles et politiques au terme de son exposé. Sur ce chapitre, le séminaire a fait remarquer que la violation permanente de la Constitution ivoirienne est le jeu favori d’Alassane Dramane Ouattara. A titre illustratif, Lider a relevé les nombreuses ordonnances prises en désordre par Ouattara sans un minimum de considération de la Constitution. Le dernier acte le plus choquant, est selon les séminaristes, l’ordonnance qui a imposé Guillaume Soro à la tête de l’Assemblée nationale alors même qu’il n’avait pas l’âge requis. «Ouattara a pondu une ordonnance en se référant à l’accord de Pretoria comme base. On est sorti de la crise, il n’est plus question de faire allusion à un quelconque accord», rétorquent Mohamed Sylla et son camarade Traoré Hamed dans leur exposé. Les changements à la tête du Conseil constitutionnel et du Conseil économique ont été vigoureusement décriés comme étant des preuves de la violation de la Constitution.


Les détentions des citoyens et hommes politiques depuis un an sans aucune charge n’ont pas échappé à la dénonciation de Lider. «Les exactions explosent et la circulation des armes est une lourde menace. Cela dénote de l’incapacité de Ouattara à maîtriser son armée. Ses réactions contres les exactions varient selon les ethnies. Quand les exactions concernent les Malinké, Ouattara réagit comme il l’a fait à Vavoua. Mais à Sikensi, Arrah, Azaguié, et ailleurs, il prend position pour les Frci», poursuivent-ils.
L’accord de défense passé entre Ouattara et Sarkozy a été critiqué parce que les députés n’ont pas été avisés et un flou entoure cet accord. Lider dit ne pas supporter aussi le fait que le pouvoir actuel fasse feu de tout bois pour étouffer l’opposition. «L’opposition n’a pas accès aux médias d’Etat. On ne peut pas jouer le rôle de contre-pouvoir et les rumeurs de coup d’Etat sont le signe que Ouattara n’est pas serein. Amadou Soumahoro menace d’envoyer les gens au cimetière et Ouattara se tait», souligne Koulibaly Mamadou. Qui accuse la justice ivoirienne d’exceller dans l’arbitraire et l’inefficacité. «Après le transfèrement de Gbagbo, on trouve subitement que la justice ivoirienne peut faire les procès des autres. C’est une justice déséquilibrée », accuse Lider.


Ouattara a été épinglé sur sa diplomatie comme étant belliqueuse et agressive. Allusion faite à la crise malienne relativement à la démarche de la Cedeao sous Ouattara. «La Cedeao viole la Constitution malienne. Ouattara attribue tous les marchés à la Françafrique sans appel d’offres et sans lisibilité», fustigent-ils.

Le pouvoir d’Etat géré par un clan et la famille

«Le pouvoir est géré par un clan. Le frère cadet de Ouattara, Téné Birahima est ministre des affaires présidentielles, il est le directeur des affaires administratives et financières (Daaf) et il est le trésorier du Rdr. La caisse de l’Etat et la caisse du Rdr sont mélangées. La femme de Ouattara est présidente de la commission de lutte contre le travail des enfants et Ouattara est lui-même président et ministre de la Défense alors qu’il est le chef suprême des armées», dénonce le parti de Koulibaly. Qui déclare que la démocratie a pris un grand recul avec Ouattara. Le bilan de la gouvernance au plan social a porté sur plusieurs points dont la cherté de la vie. Le prix du kilogramme du riz passé de 350F à 800F, le kilogramme de la viande de 1950F à 2000F, le litre d’huile de 900F à 1250 et 4 piments vendus sur le marché à 500F sont des faits relevés pour dire que le coût de la vie est intenable.


Au niveau de l’éducation, Lider a rappelé que la fermeture des Universités de Cocody et Abobo-Adjamé est considérée comme un génocide intellectuel. Selon les exposants, Ouattara qui avait promis la gratuité de l’école a curieusement augmenté les frais d’inscription au secondaire passant de 5000F à 6000F avec les faveurs faites à Celpaid, structure d’un membre du gouvernement et militant du Rdr. Ils ont déploré le recrutement des enseignants contractuels formés en 10 jours seulement pour enseigner au secondaire, avec une rémunération de misère, sans passer par l’ENS. Cette pratique participe à rabaisser le niveau de la formation des élèves. En outre, Lider est revenu sur des promesses faites par Ouattara. Notamment 129 milliards à allouer à la santé. 100 à 200 milliards à la construction de logements, 20 milliards à la reconstruction des quartiers précaires, 1 millions d’emplois en 5 ans soit 200.000 par an etc. A la place de l’emploi, c’est le licenciement massif de milliers de travailleurs qui est servi. Condamnant les licenciements à relent ethnique. «Le bilan est plus que catastrophique», ont conclu les panélistes. Le constat est le même plan économique et financier.

Benjamin Koré
Source : Notre Voie

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