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20/01/2012

Armée de réserve : Alassane Ouattara tente de noyer le poisson

Armée de réserve : Alassane Ouattara tente de noyer le poisson.40.000 jeunes de la milice des FRCI seront dit-on formé soit pour servir de main d’œuvre bon marché soit de chair à canon si besoin.En somme une armée parallèle et prétorienne à la solde du régime qui ne fait évidemment pas confiance à l'armée régulière, la sécurité du sieur Ouattara étant elle même assuré par les forces onusiennes.


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Sur le plateau du journal télévisé de la télévision ivoirienne, le ministre délégué à la défense annonçait hier soir la création d'une "armée de réserve". Selon le ministre c'est la solution que Alassane Ouattara lui a demandé de trouver pour les quelques 40.000 jeunes qui ont "donné leur poitrine" pour "participer à la pacification du pays".

La création de cette armée dite de réserve appelle toute fois quelques observations tant les contradictions dans les propos du ministre sont troublant.

Le ministre affirme que ces éléments de l'armée de réserve n'ont pas le statut de militaire. Alors de deux choses l'une. Soit on est dans l'armée et on est militaire soit on n'est pas militaire et on ne fait pas partie d'une armée même si elle est dite de réserve. A moins que le gouvernement nous dise qu'il s'agit d'une armée de civils autrement dit une milice. Ce qui est l'hypothèse la plus proche de la réalité. Il faut alors s'interroger sur les intentions du gouvernement qui peine a mettre au pas les hordes de jeunes désœuvrés qui ont servi de chair a canon et qui aujourd’hui attendent leur part du butin de guerre. La vaine tentative du régime de leur utilisé comme éboueurs pour récurer les caniveaux n'a semble t-il pas eu les résultats escomptés. Alors pour satisfaire ces miliciens en quête de gloire on leur fait miroiter un statut d'armée de réserve ou il seraient des militaires sans vraiment l'être.

Il faut craindre le risque de confusion chez ces jeunes gens qui pour la grande majorité gardent toujours des armes illégalement.

Ce a quoi on risque fort d'assister c'est de voir une armée parallèle et prétorienne uniquement à la solde de Monsieur Ouattara. Cette armée de réserve n'a aucune base républicaine ni aucune mission légale. Le ministre se bornant a affirmé lapidairement qu'elle sera utilisé pour finalement tout et rien a la fois : servir de main d’œuvre bon marché ou de chair à canon si besoin.


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01/01/2012

Nouvelle année, une pensée


A toi ma sœur, mon frère en humanité,

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Mais c’est peut-être la peur de l’autre qui colonise le plus nos cœurs et nos esprits aujourd’hui. Nous sommes dans un monde de la communication globale mais nous dialoguons de moins en moins, nous écoutons peu et nous nous enfermons dans nos ghettos intellectuels. Nos peurs me font peur pour notre avenir commun.

Que fais-tu, toi, pour dépasser tes peurs ? Écouter, connaître, sortir de ton ghetto mental. Avec combien de femmes et d’hommes d’une autre culture ou d’une autre religion as-tu partagé du temps et travaillé pendant les dernières semaines ou même durant cette année ?

Parler d’ouverture et de respect et rester dans nos prisons virtuelles ne changera pas nos quotidiens, ni nos sociétés, ni notre monde. Cela commence par soi, au fond... se libérer de la prison de ses peurs et s’ouvrir à la connaissance de l’autre et à la confiance mutuelle.

Il n’est pas besoin d’argent ou de diplôme, simplement un peu de bonne volonté, de la détermination et un peu de courage pour prendre le risque d’aller à la rencontre de l’inhabituel.

C’est un beau miroir, sais-tu, où tu apprends que tu as de multiples identités et que l’humilité est ta dignité.

Tariq Ramadan

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16/12/2011

Législatives sous hyper-présidence : Quelques leçons

Depuis la fin des élections législatives du 11 décembre 2011, de nombreux commentaires se font sur les succès et les échecs des uns et des autres. Mais au-delà des premières impressions et en attendant les données définitives de la CEI, quelques leçons peuvent être tirées quant à l’approfondissement de la démocratie dans notre pays.


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· Les partis politiques ont-ils été à la hauteur des enjeux?
· La classe politique est-elle encore crédible dans notre pays?
· Les élections servent-elles encore à quelque chose?

Pour répondre à ces questions, reprenons le cas spécifique de la circonscription électorale de Koumassi où j’étais candidat et travaillons avec les chiffres de la commission électorale.

Refaisons des calculs simples pour comprendre ce qui s’est passé.

Nous constatons que pour Koumassi, le résultat qui semble focaliser l’attention des commentateurs est la défaite de Koulibaly, dont le parti est né à peine quatre mois avant les élections, dont le salaire et les revenus sont abusivement séquestrés par l’hyper-président Ouattara, dont les adversaires - après des passassions de marché au gré à gré au profit d’amis politiques - croulaient sous les billets de banque issus de passe-droits, et dont les militants ont été intimidés, menacés, orientés, «aidés» dans les environs de lieux de vote par des petites bandes de FRCI en civil.

A coté de cet événement, certes majeur mais qui, somme toute, ne permettrait de tirer des conclusions hâtives que sur la destinée politique de l’individu Koulibaly et non sur celle de son parti, des faits non moins saillants et de portée plus générale concernant la destinée de la Côte d’Ivoire s’imposent à tous.

Le tableau récapitulatif ci-dessous nous révèle ces faits majeurs et qui sont plus qu’inquiétants :

Gmail - Législatives sous hyper-présidence- Quelques leçons par Mamadou Koulibaly - mohamedlsylla@gmail.com.png


Le PDCI, qui avait obtenu 28.900 voix pour son candidat au premier tour de l’élection présidentielle de novembre 2010, ne réussit à rassembler lors de législatives de 2011 que 17.011 suffrages, alors qu’il est au pouvoir et que c’est le maire sortant, délégué communal du parti, qui le représente. Le PDCI perd ainsi en moins d’un an 11.889 électeurs, soit une chute de 41,14%.

Pourquoi ce désintérêt des électeurs du PDCI pour les législatives ? Dans les milieux proches du PDCI que j’ai eu l’honneur de visiter, il est bien entendu avancé la peur de l’après-élection qui aura conduit à la guerre alors que l’on avait promis la paix après les présidentielles ; les choix stratégiques effectués par la direction de ce parti dans ses arrangements avec le RDR et le président Ouattara, notamment relativement à la sélection des candidatures ; la déception de nombreux militants qui ne voient aucune promesse électorale se réaliser en termes d’emploi, de sécurité et de changement effectif dans la conduite des affaires de l’Etat depuis l’accession au pouvoir de Ouattara et du PDCI. Ils ont le sentiment d’un «déjà-vu» peu enchanteur.

Dans les rangs du RDR, les mêmes remarques restent valables. Entre les 40.405 voix du premier tour des présidentielles et les 24.727 voix des législatives, la chute est de 15.678 voix, soit 38,80% de perte liée soit à des «Solutions» non encore visibles ou bien à de nouveaux problèmes présentés comme des solutions et qui déçoivent ceux qui, il y a seulement un an, se sont mobilisés pour porter leur parti au pouvoir. Après les élections présidentielles, il y a toujours un effet de sillage qui fait que le camp des vainqueurs l’emporte aux élections législatives. A Koumassi, cet effet a joué, surtout lorsque le vainqueur a pris soin de violer toutes les règles démocratiques pour mettre en déroute ses adversaires, terroriser les populations, intimider l’électorat et utiliser les moyens financiers de l’Etat pour soutenir les candidats de son choix.

Le FPI, avec son refus de participer au scrutin, a laissé tomber son électorat et le débat national pour se focaliser sur ses urgences du moment : se réjouir du faible taux de participation, qui n’est pourtant pas bien loin de celui que ce parti avait obtenu aux législatives de 2001, dont la campagne s’était déroulée sous couvre-feu.

Au total, alors qu’à Koumassi, 117.736 personnes sur environ 139.000 électeurs inscrits se sont déplacées pour aller voter les différents candidats aux présidentielles, aux législatives il n’y a eu que 42.744 personnes qui ont accompli leur devoir civique pour la désignation des députés, soit un désistement de 63,69% ! Ce qui est un désaveu pour toute la classe politique.

Pour Koumassi, on est passé globalement, tous partis confondus, d'un taux de participation global de 86,06% en 2010 à 30,89% en 2011. Cette chute vertigineuse en un an s'explique par la peur, le désenchantement, la désillusion, le ras-le-bol… C'est une sanction sans appel à l'égard de la classe politique et de la soit disant communauté internationale qui vient ainsi d'oublier son sacro saint principe d'élections inclusives en Côte d'Ivoire.

Si la majeure partie de l’électorat n’a pas jugé utile de bouger pour aller voter, c’est parce que depuis 1995, les mêmes hommes politiques ivoiriens jouent tous le même jeu : celui du boycott.

En 1995, c’était le boycott actif initié par le FPI et le RDR et cela s’est terminé par un coup d’Etat en 1999, avant la fin du mandat du PDCI. En 2000, c’était le RDR qui boycottait les élections législatives, et cela aboutit au coup d’Etat manqué de 2002, qui s’est transformé en rébellion armée, puis en rebfondation, dont les conséquences sont en cours de gestion. Aujourd’hui, c’est le FPI qui, ne tirant aucune leçon du passé, boycotte contre le PDCI et le RDR, et comme «il n’y a jamais deux sans trois», ne sommes-nous pas en droit de nous demander comment les choses vont se terminer cette fois-ci ?

La Côte d’Ivoire se retrouve donc avec un parlement aux couleurs de l’ex-parti unique, mais cette fois, le PDCI jouera l’opposition face au RDR tout en étant dans une alliance de gouvernement. Comprenne qui pourra !

Ce qui est en cause dans le fond, c’est le régime politique et le mode de scrutin. Le régime présidentiel est inefficace pour instaurer la paix en Côte d’Ivoire. Il nous donne des chefs d’Etat au-dessus du droit, qui malmènent les populations pour le compte de marionnettistes qui ne nous disent toujours pas ce qu'ils font des artistes après le spectacle.

La commission électorale de son coté patauge dans l’amateurisme malgré les grands moyens mis à sa disposition. Dans le cas de Koumassi, ce qui est notable, c'est la différence entre le nombre d'électeurs inscrits selon la liste électorale fournie aux candidats (139.925) et ceux inscrits sur le procès-verbal (143.276). D'où sortent donc les 3.351 électeurs inscrits supplémentaires?

La communauté internationale, quant à elle, aura assisté de façon impuissante et très souvent complice à toutes les violations du droit en Côte d’Ivoire. Elle accepte que Laurent Gbagbo soit transféré devant la Cour Pénale Internationale (CPI) de façon injuste, discriminatoire et traumatisante. Elle se tait sur la violation par Ouattara du protocole de la CEDEAO sur la bonne gouvernance, malgré le grand nombre d’observateurs présents. Tout se passe comme si, pour elle, venir défendre la démocratie en Côte d’Ivoire se résume à défendre le régime de Ouattara, sans égard pour le droit et les libertés des populations. Les résultats du scrutin législatif sont à l’image de cette volonté. Le taux d’abstention aussi.

Pour répondre aux questions posées, retenons que les partis politiques n’ont pas été à la hauteur des enjeux. La classe politique de notre pays est encore moins crédible qu’au moment des présidentielles. Et enfin, les élections ne servent plus qu’à désigner ceux qui vont pendant quelques années spolier le peuple qui n’a d’ailleurs pas le choix et vit dans la crainte de ce que l’avenir lui réserve une fois de plus.

Quel dommage !

Mamadou KOULIBALY
Président de LIDER
Le 15 décembre 2011

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