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17/09/2011

Spéculateurs de tous les pays, unissez-vous !

images.jpgPar une attitude proche du réflexe, dès qu’un problème économique se présente, on pointe du doigt le libre-échange, le marché et les spéculateurs. Ils seraient à la base de tous les maux. Le libre-échange n’est pourtant pas ce monstre sans tête qui tenterait de nous dominer, le libre échange c’est nous, c’est l’extension naturelle de nos activités. Le spéculateur c’est nous aussi lorsque nous tentons de prévoir et d’anticiper demain. Tout cela procède plus de la nature profonde de l’homme que de la domination informe d’un système qui nous dépasserait. Cette analyse de Nicolas Madelenat di Florio, philosophe, chercheur, conduit à une réflexion de fond et à un rejet de nos idées reçues. Le libéralisme n’est pas inhumain, le libéralisme c’est nous puisque ce système nous place au cœur du progrès.


C’est, très volontairement, que l’auteur a décidé de paraphraser la célèbre volonté marxiste qui, dans le texte, donnait « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Voici, à peine déformée, la base et de toutes les dictatures et de la mondialisation dans son sens négatif ; elle n’est plus, dans la pensée communiste, une ouverture des communautés humaines les unes vers les autres mais, plutôt, l’anéantissement volontaire de l’individu, de sa personnalité et de ses choix, et son remplacement par un modèle d’être humain type, et typé, privé de tout ce qui fait de lui une personne. Or, la mondialisation est dénoncée, ces dernières semaines, dans nombre de grands journaux. La crise de l’Europe, et de l’Euro, incitant les étatistes à un zèle bien déplacé alors même que nous leur devons l’augmentation des dettes souveraines et la création constante de misère par les hausses d’impôts ; ces dernières n’incitent pas à la naissance, et au développement d’entreprises et d’un tissu économique sain mais, au contraire, à toujours plus d’assistanat.

Pourtant, et la Côte d’Ivoire n’y échappe hélas pas, la responsabilité des fluctuations monétaires et financières, et des crises économiques, avec toutes les conséquences pour les populations qu’elles engendrent, trouvent rapidement un coupable : le marché libre. Cette insistance, assez lourde, repose sur deux facteurs principaux : la mauvaise foi des pouvoirs politiques et la méconnaissance de la consubstantialité des individus au marché. Car, au premier facteur, que répondre si ce n’est que les politiques font profession de trouver, de sentir, en cela ils s’apparenteraient presque aux entrepreneurs, les idées qui vont plaire et séduire leurs électeurs : c’est le lot du « marché politique ». Or, il est beaucoup plus facile de cristalliser les pulsions sociales contre un système, puis contre quelques représentants par l’intermédiaire du phénomène de victimisation en stigmatisant des bouc-émissaires (les spéculateurs par exemple) clairement visibles ou visualisables, que d’expliquer aux populations que sa propre responsabilité est engagée. Imaginons les dirigeants européens, puisque nous parlions plus avant de l’instabilité de la monnaie commune, l’Euro, expliquer que l’augmentation des dettes souveraines (contractées par les gouvernements) pour financer leurs choix politiques sont responsables de la baisse de la crédibilité de la monnaie et donc, aussi, de sa valeur ; et en premier lieu des taux d’intérêt pour les pays les moins solvables. Ils ne seraient pas réélus et briseraient donc le cycle de leur intérêt. Les spéculateurs, eux, ne font que constater cette réalité et en tirer les conséquences.

Le second facteur, à savoir la méconnaissance du caractère consubstantiel des individus au marché serait presque d’une banalité affligeante si sa méconnaissance n’était révélatrice d’un conditionnement sociologique courant contre le libre échange. En effet, le marché n’existe pas ; il n’a aucune existence physique et ses manifestations, la hausse des prix, l’augmentation des taux d’intérêt, pour ne citer que ces deux exemples d’actualité, n’ont de prise sur la réalité qu’aux travers des individus. Or, si le marché n’était qu’affaire de spéculateurs et de boursicoteurs, comment pourrait-il influencer la vie des populations ? Pour répondre à cette question il convient de méditer sur l’origine du commerce. A la base, il y a la production, et la consommation personnelle, puis l’excès (je produits trop) et la volonté de partager avec l’autre cet excès en échangeant le trop et en recevant ce que je ne possède pas : l’échange est né. Ce phénomène est anthropologique et se rencontre dans toutes les populations. Or, l’institutionnalisation sociologique de l’échange a permis l’essor d’un domaine aujourd’hui presque indépendant : le commerce. Des gens font profession de produire en excès pour échanger via un instrument commun, la monnaie, lequel permet d’ajouter une dimension intellectuelle à l’échange : la durée. J’échange maintenant quelque chose, je conserve l’argent, et lorsque j’aurais besoin d’un autre produit je pourrais l’acquérir. Le commerce, l’échange, est donc une donnée anthropologique consubstantielle à l’Homme : il est le propre de l’Homme.

Le marché est-il le lieu de l’échange ? C’est l’idée courante. Or, l’échange se détermine par son absence de dimension temporelle (la négociation sur le prix, sur la valeur, n’entrent pas en compte dans le calcul, elle a été préalable. Vient alors le moment de l’échange) : je veux acheter quelque chose, j’achète, je règle, je prends mon bien. L’achat, et la transaction, se réalisent presque immédiatement. Pourtant, il existe des marchés à terme de produits, ou bien encore de titres (les investisseurs qui achètent, maintenant, des actions qu’ils espèrent revendre plus tard, lorsque la valeur individuelle aura augmentée) et qui se projettent dans le temps. Comment un lieu d’échange, même immatériel, pourrait-il posséder une interface capable d’analyser, d’appréhender, et d’anticiper sur une des capacités humaines parmi les plus complexes à expliquer, l’écoulement du temps ? Il ne le pourrait pas. Pourtant, chaque jour, à chaque instant, s’échangent sur le marché des milliers d’actions, de parts, de titres ou de papiers représentant des produits ; des hommes et des femmes qui ne se connaissent pas perçoivent les informations résultantes de milliers, voire de millions, de choix individuels. Leur métier, terrible, est de sentir, avant les autres, ce que nous cherchons tous à maîtriser chez nos proches, chez nos voisins : a t-il confiance ? Comment va-t-il ? Ces gens, pourtant, sont nos semblables ; ce sont les spéculateurs. Leur métier n’a rien d’immoral car ils rendent un service d’assurance. En effet, ils permettent à des producteurs ou à des investisseurs de se protéger contre le risque de variation de prix en le fixant immédiatement. Le spéculateur assume donc le risque à la place de l’entreprise. Ils ne peuvent pas orienter nos choix car, a contrario d’un Etat ou d’un gouvernement, ils n’ont pas le pouvoir de parler ou d’imposer leurs choix aux peuples, ces mêmes peuples composés des millions d’individus, qui par des choix, à chaque instant, sont le marché.

Chacun est connecté, par le libre échange, et sans trop le savoir, à des milliards de personne via un réseau d’intérêts communs, la catallaxie. Cette sorte de toile d’araignée reliant chaque personne sur la Terre, de l’américain milliardaire à l’insulaire caché dans la plus perdue des îles des Tropiques, c’est le marché. Lorsque je décide d’acheter du pain fabriqué par un boulanger de quartier avec de la farine de blé complet, je peux influencer le prix de cette céréale ; si, sur un réseau social, j’explique à quel point ce pain est bon, et que mille personnes vont acheter à mon boulanger son pain, qu’il ne peut plus en produire assez, qu’il est obligé d’embaucher trois apprentis, peut-on encore dire que le marché libre est immoral et que les décisions individuelles sont dictées par la vénalité ? Oui, j’ai préféré un bon boulanger à un mauvais ; oui, si son pain est mauvais demain et les autres jours j’arrêterais de l’acheter. Mais oui, j’ai contribué à créer des emplois, et la somme des décisions individuelles de mes semblables d’aller acheter un pain de qualité, fabriqué par un artisan respectueux de ses clients et des producteurs de céréales, contribueront à dynamiser l’économie. Et si un homme, quelque part dans le monde, a senti monter le désir des populations à consommer des produits de grande qualité, et qu’il a décidé de parier sur la hausse de la consommation de la farine de blé complet, peut-on dire que le profit qu’il a généré est immoral ? Ces décisions individuelles sont justes ; leurs conséquences (création ou destruction d’emplois par exemple) n’ont été voulues par personne. Elles sont tout simplement, et ne sont le résultat d’aucune mauvaise intention ou d’aucun complot chacun a simplement choisi librement.

La vraie question n’est donc pas tant de savoir quelle part des activités de spéculation est bonne ou mauvaise (même si nous nous sommes employés à démontrer que ces idées ne reposent sur rien de bien tangible) mais plutôt ce que cache l’acharnement contre les spéculateurs. Qui a intérêt à les accuser ? Qui a le plus à perdre dans la parfaite transparence des échanges ? Les Etats et leurs représentants qui, quand le libre échange existe, perdent leur pouvoir sur le commerce et sur nos décisions libres. Et de rebondir sur le titre de cet article : si j’achète aujourd’hui ma maison, et fais réaliser des travaux d’amélioration ; si je place de l’argent en bourse ; si je conserve de vieilles pièces de monnaie alors que je pourrais les vendre tout de suite ; si j’offre à mes enfants une meilleure éducation pour qu’ils puissent prétendre à un emploi très bien rémunéré, je suis un spéculateur, au sens de celui qui pense savoir mieux que la moyenne des gens ce que réserve l’avenir. Chacun de nous est un spéculateur qui, sans s’en rendre compte, s’informe, analyse, anticipe. Pourquoi alors refuser le marché libre ? Puisque nous sommes des spéculateurs, non au sens péjoratif courant mais des anticipateurs qui essaient de comprendre ce qui va se passer, unissons-nous autour de la liberté individuelle qui garantit, aussi, nos libertés collectives.

Par Nicolas Madelénat di Florio, Philosophe, Chercheur-associé au Centre de Recherches en Ethique Economique, Faculté de Droit et de Science Politique, Aix-en-Provence ; Analyste pour Audace Institut Afrique.

Publié par Audace Institut Afrique

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03/09/2011

La définition de la Liberté

Je vous proposons à la lecture d'un extrait de l’introduction de Liberty Defined (2011), récent livre du libertarien Ron Paul, candidat à l’investiture du Parti républicain pour l’élection présidentielle américaine de 2012.


Liberty-Defined.jpgL’histoire et les idées politiques dominantes de l’Amérique s’identifient à la liberté. La Déclaration d’Indépendance affirme que la vie, la liberté et la recherche du bonheur sont des droits inaliénables, mais je pense que la vie et la recherche du bonheur dépendent également de la liberté, socle fondamental de notre pays. Nous employons le mot presque comme un cliché. Mais savons-nous ce que cela signifie ? Sommes-nous capables de la reconnaître lorsque nous la rencontrons ? Plus fondamentalement, sommes-nous capables de reconnaître l’opposé de la liberté lorsqu’il nous est vendu comme une forme de liberté ?

La liberté signifie exercer les droits humains de n’importe quelle manière aussi longtemps que cela n’interfère pas avec l’exercice des droits des autres. Cela signifie avant tout d’exclure le gouvernement de nos vies. Ce chemin seul conduit à la libération des énergies humaines qui construit les civilisations, procure la sécurité, génère la richesse, et protège le peuple des violations systématiques des droits. Dans ce sens seule la liberté peut réellement écarter la tyrannie, le grand et éternel ennemi de l’humanité.


Par dessus tout, le thème est la liberté. Le but est la liberté. Les produits de la liberté sont toutes les choses que nous aimons et dont aucune ne peut être fournie par le gouvernement. Nous devons avoir la possibilité de nous les procurer par nous-mêmes en tant qu’individus, familles, en tant que société ou pays. C’est parti : de A à Z.

Les dix principes d’une société libre selon Ron Paul:

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1. Les droits appartiennent aux individus, pas à des groupes ; ils découlent de notre nature et ne peuvent être ni accordés ni supprimés par le gouvernement.

2. Toutes les associations pacifiques et volontaires de nature économique ou sociale sont autorisées ; le consentement est la base de l’ordre économique et social.

3. Tout bien justement acquis est la propriété privée d’individus ou de groupes volontairement constitués, et cette propriété ne peut être arbitrairement supprimée par les gouvernements.

4. Le gouvernement ne peut redistribuer les avoirs privés ni consentir des privilèges particuliers à tout individu ou groupe.

5. Les individus sont responsables de leurs actes ; le gouvernement ne peut et ne doit pas nous protéger de nous-mêmes.

6. Le gouvernement ne doit pas s’arroger de monopole sur l’argent d’un peuple et il ne doit jamais s’adonner à la fausse monnaie, même au nom de la stabilité macroéconomique.

7. Les guerres d’agression, même si elles sont qualifiées de préventives, et même si elles ne concernent que des relations commerciales, sont interdites.

8. Le pouvoir législatif du jury, c’est à dire le droit des jurés de juger la loi aussi bien que les faits, est un droit du peuple et la norme des tribunaux.

9. Toutes formes de servitude involontaire sont interdites, pas seulement l’esclavage mais aussi la conscription, l’association forcée et la distribution imposée de subsides.

10. Le gouvernement doit respecter la loi qu’il demande aux autres de respecter et par conséquent il ne doit jamais faire usage de la force pour inciter à des comportements, manipuler des arrangements sociaux, gérer l’économie, ou dire à d’autres pays comment ils devraient se comporter.

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29/08/2011

Dix Stratégies de manipulation à travers les médias

images.jpgLe linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici.Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.


1. La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2. Créer des problèmes, puis offrir des solutions


Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3. La stratégie de la dégradation


Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4. La stratégie du différé


Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5. S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge


La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6. Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7. Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8. Encourager le public à se complaire dans la médiocrité


Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9. Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10. Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Noam Chomsky

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