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23/02/2012

Descente musclée de commandos FRCI dans le village du Président Mamadou Koulibaly


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Azaguié assiégée pendant plusieurs heures par un commando / Appelées au secours par les populations terrorisées, les forces de l’ordre ne bougent pas.

L’enfer s’est abattu sur Azaguié dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 février 2012, lorsque la ville qui a vu naître Mamadou Koulibaly a été assiégée pendant de longues heures par un commando de plus de cinquante personnes armées de kalachnikov.

C’est une population d’Azaguié-Ahoua encore sous le choc que la délégation de LIDER, conduite par M. Lancina Karamoko et venue apporter soutien et compassion aux victimes au nom de son Président et des militants, a rencontré ce mercredi 22 février à 9 heures.

La première personne que nous rencontrons est M. Martin Kouadio Kouakou, qui relate ainsi sa mésaventure: «Je suis instituteur à l’EPP Ahoua 4. Ce jeudi 16 février 2012, aux environs de minuit, ma famille, comme plusieurs habitants d’Azaguié, s’est levée pour recueillir de l’eau à la pompe. Il faut noter que la SODECI (Société de distribution d’eau) n’arrive pas à fournir convenablement de l’eau courante aux populations. Il faut attendre généralement minuit ou 1 heure du matin pour avoir de l’eau au robinet. C’est à ce moment précis que j’ai entendu un bruit assourdissant chez mon voisin, suivi des pleurs de ses enfants. Le temps de comprendre ce qui se passe, la porte de ma maison est également fracturée et des hommes en tenues militaires font irruption dans le salon, prenant toute la maisonnée en otage. Pendant environ 40 minutes, on m’a ligoté les mains et les pieds. J’ai été frappé et blessé au front avec une hache. Ma femme et mes enfants ont subi le même sort. Même mon bébé de 9 mois n’a pas été épargné. Nous avons été dépouillés de nos biens, notamment cellulaires et argent liquide. Nous sommes encore sous le choc et nous attendons avec impatience la fin de l’année scolaire pour quitter Azaguié».

Puis il a conclu en ces termes : «Dites au Président Mamadou Koulibaly de dire au Président de la République, M. Alassane Ouattara, que tant que la question sécuritaire n’est pas réglée dans ce pays, tous les projets de réconciliation et de relance de l’économie sont voués d’avance à l’échec. Je le dis par rapport aux propos tenus par nos agresseurs qui, sans gêne, nous ont dit que c’est pour eux, militaires non retenus dans l’armée, la seule façon de se prendre en charge».

M. Albert Brawadje est la prochaine victime visitée. Le discours est le même, mais ce dernier donne beaucoup plus de précisions sur les assaillants : «C’était un commando de plus de 50 personnes. Ils sont restés chez moi durant 1h et 40 mn. Ils ont attaqué de façon simultanée douze familles, dont la plupart sont des fonctionnaires en activité mais aussi des retraités et un opérateur économique. Chose curieuse, la gendarmerie, appelée au secours, n’a pas bougé. C’est seulement le lendemain à 15 heures que les forces de l’ordre sont arrivées pour faire les constats. Notez que M. Jean Kemo, agent de l’ANADER à la retraite, a eu le bras et la jambe fracturés. Il est hospitalisé en ce moment au CHU de Cocody. C’est vous dire le niveau de violence avec laquelle le commando a opéré par endroit. L’opération a duré de minuit à 3h du matin».

Au cours de cette expédition punitive qui fait suite à la visite que le président de LIDER a effectuée à Azaguié le weekend précédent (les 11 et 12 février) et lors de laquelle il a échangé avec de nombreux interlocuteurs, grand nombre de viols, violences contre des enfants et des adultes et pillages ont été perpétrés. L’on ne peut s’empêcher de se poser la question de savoir si ces graves méfaits ne sont pas en relation avec la volonté clairement exprimée par les populations d’Azaguié de voir Mamadou Koulibaly briguer le mandat de maire lors des prochaines élections législatives.

Toujours est-il que face à l’inertie des autorités administratives et militaires de la localité, tous les fonctionnaires d’Azaguié, dans un élan de solidarité, ont décidé d’observer, en guise de protestation et d’avertissement, deux jours d’arrêt de travail les mardi 21 et mercredi 22 février 2012.

Mahalia Nteby le 22 février 2012

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17/02/2012

Alassane Ouattara et les FRCI : au gré du vent… ou de l’appartenance ethnique des victimes ?


L’on se souvient de la «colère» apparente du président de la République au lendemain des tueries de Vavoua les 17 et 18 décembre 2011, lors desquelles cinq personnes avaient été massacrées par l’armée régulière créée par ordonnance par M. Ouattara, plus connue sous l’acronyme FRCI (forces républicaines de Côte d’Ivoire).

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Le lendemain, à grand renfort de tapage médiatique, Alassane Ouattara avait exprimé son dégout face aux dérives et exactions commises par ses soldats et convoqué une réunion d’urgence à l’issue de laquelle le ministre délégué à la Défense, monsieur Paul Koffi Koffi, avait annoncé les mesures suivantes : «Poursuite judiciaire à l’encontre de ces 7 éléments. Retour immédiat des anciens Chefs d’unité dans leurs bases d’origine pour procéder à l’encadrement et au désarmement de leurs éléments, avant d’éventuels regroupements. Création d’une Police militaire pour procéder sous 48 heures à l’inspection et à la traque dans les rues d’éléments incontrôlés et de tous véhicules et motos estampillés Frci inconnus dans les fichiers du parc automobile de l’Armée afin que ces voitures et motos ne circulent plus.»

Selon le ministre délégué à la Défense, le président de la République a exigé, au cours de la rencontre, «la tolérance zéro» en matière d’inconduite vis-à-vis de la discipline militaire. En tout état de cause, le Chef de l'Etat «fortement écœuré par ce qui vient de se passer », a enjoint tous les Chefs militaires et les différents ministres en charge de la défense et de la sécurité, de prendre toutes leurs responsabilités «afin que de tels actes ne se reproduisent plus.»

Quel n’est donc pas notre ahurissement d’entendre, exactement deux mois après ces tragiques incidents et quelques jours après un énième dérapage des FRCI ayant à nouveau causé mort d’hommes, cette fois à Arrah, dans l’Est du pays, la communication suivante de monsieur Bruno Kone, porte-parole du Gouvernement, à l’issue du Conseil des ministres du 15 février 2012 : «Les Frci, c’est l’armée régulière de Côte d’Ivoire. Il est important que notre armée soit respectée. L’armée représente la souveraineté du peuple ivoirien. Il n’y a pas de raison que ce soit les populations qui décident ou pas d’avoir l’armée sur un territoire. Nous sommes tous à un âge où nous avons vu les Fanci et les Fds. Je crois qu’il faut qu’on revienne au principe de base du civisme. C'est-à-dire le respect de nos institutions. Dans le respect des institutions, il y a le respect de l’armée. L’armée de Côte d’Ivoire a eu à mener des opérations de sécurité publique tout simplement parce que la police et la gendarmerie n’étaient plus opérationnelles. Il a fallu attendre plusieurs mois avant que les commissariats ne soient regarnis et il a aussi fallu attendre plusieurs mois avant que les policiers ne soient dotés d’armes et de munitions. Pendant ce temps, les militaires ont eu à les suppléer. A partir du moment où nous sommes arrivés progressivement à une situation normale, il leur a été demandé de se retirer de ces activités pour que la police et la gendarmerie prennent le relais. Mais cela n’est pas fait partout, d’une part. D’autre part, même si la police et la gendarmerie sont de retour, rien n’interdit que les militaires soient apportés en renfort à tel ou tel endroit. C’est une décision du commandement militaire. (…) Quand on parle de cantonnement, j’ai l’impression que pour les Ivoiriens cela veut dire qu’il faut que les militaires disparaissent du paysage. (…) Les Frci, c’est plusieurs milliers de personnes. Donc il peut arriver qu’un élément des Frci ait un problème avec un élément civil, cela peut arriver partout, il peut y avoir des cas d’indiscipline, il peut y avoir des agressions contre les uns et contre les Frci. Mais de grâce, ne transformons pas tout en conflit ethnique ou intercommunautaire. S’il y a des erreurs de la part des Frci, ils peuvent être sanctionnés par leur hiérarchie. »

La différence de réaction de Ouattara viendrait-elle du fait que les victimes de Vavoua étaient Malinke et celles d’Arrah pas ? Ceci serait cohérent avec les paroles qu’il a prononcées lors d’une interview accordée en janvier 2012 à l’hebdomadaire français L’Express, revendiquant fièrement son statut de président des vainqueurs, président des nordistes, président des musulmans, président de 40% des Ivoiriens, en mission de rattrapage ethnique. En effet, interrogé au sujet de la nomination de nordistes aux postes clefs, Alassane Ouattara avait répondu en toute sérénité : «Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité.»

Le souffle coupé par tant d’esprit de haine et revanche habitant celui qui est sensé travailler d’arrache-pied à la réconciliation d’une nation qu’il a fortement et constamment contribué à diviser, il convient de conclure sur cet extrait du rapport N°83 de l'organisation non gouvernementale International Crisis Group (ICG), publié la veille des tueries de Vavoua le 16 décembre 2011 et qui est plus que jamais d’actualité : «Les principales menaces sécuritaires qui pèsent sur le régime actuel ne proviennent plus des pro-Gbagbo, qui ne disposent pas des moyens militaires nécessaires à un coup de force, mais de l’appareil de sécurité issu du conflit postélectoral. Le président n’a qu’un très faible contrôle sur une armée dont il est formellement le chef suprême. (...) L’état actuel de l’appareil de défense et de sécurité implique, pour son régime et pour le pays, une série de menaces à court terme mais aussi à moyen terme.» Ce rapport ajoutait : «La hiérarchie militaire n’est pas toujours respectée au sein d’un appareil de sécurité qui est traversé par plusieurs chaînes de commandement.»


Ainsi donc, Alassane Ouattara exige que les Ivoiriens respectent une «institution» par laquelle lui-même n’arrive pas à se faire respecter… On aura décidément tout vu et tout entendu sur les bords de la lagune Ebrié.



Mamadou Koulibaly
Président de Liberté et Démocratie pour la République

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29/01/2012

Naissance d'une tyrannie

Samedi 21 Janvier 2012 était un jour de fête pour l’Afrique : celui de l’ouverture de la 28ème Coupe d’Afrique des Nations de football, organisée conjointement par le Gabon et la Guinée Equatoriale, qui n’ont pourtant pas toujours eu des rapports amicaux, comme en témoigne le différend territorial qui oppose jusqu’à présent les deux pays à propos de l’île de Mbanié.

ivb.jpegSamedi 21 janvier 2012 était également la date choisie par le Front populaire ivoirien (Fpi), parti créé par l’ex président Laurent Gbagbo, pour «faire sa rentrée politique» à la place Ficgayo de Yopougon. Dans une escalade verbale par media interposés, les organisateurs promettaient d’aller «jusqu’au bout», d’en faire «une démonstration de force» et une manifestation de soutien «au vrai président de la Côte d’Ivoire déporté à La Haye».

Et alors qu’à travers l’Afrique, tous les amoureux du ballon rond tournaient leurs regards pleins de bonne humeur vers Bata, une tornade de feu, de pierres et de gaz lacrymogène s’abattait sur les nombreux militants du Fpi ayant répondu à l’appel de leur parti, semant mort, blessures et désolation sur son passage.

Ce qui s’est passé à Yopougon ne saurait malheureusement être une surprise pour quiconque : Deux camps figés dans la violence verbale et physique, qui dans des poussées de nombrilisme meurtrier, prennent la majorité des populations ivoiriennes, qui ne se reconnait ni dans l’un, ni dans l’autre, en otage.

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