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22/09/2013

Mamadou Koulibaly : "Avec Gbagbo, les ponts ne sont pas rompus, nous avons des communications, lui et moi".


Président de l’Assemblée nationale, sous le règne de Laurent Gbagbo, Mamadou Koulibaly est aujourd’hui le président de Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), le parti qu’il a créé, il y a deux ans. Dans cet entretien-vérité, cet homme politique connu pour son franc-parler et son discours très tranché, dresse sans concession un bilan des deux années d’exercice du pouvoir du président Alassane Ouattara. Bien entendu, il n’élude pas son divorce brusque d’avec ses anciens amis du Front populaire ivoirien (Fpi), la crise postélectorale de 2010-2011, ni ce qu’il pense de l’actuelle Assemblée et son président Guillaume Soro. De même, il évoque ses relations actuelles avec Laurent Gbagbo et surtout donne froidement les raisons de la chute de l’ex-président ivoirien, dont il était l’un des durs parmi les durs du régime.


Mamadou Koulibaly: En 2015, je serai candidat contre Ouattara, sauf si…

 

Propos recueillis par Yacouba Sangaré et Lucien Ahonto | Notre Afrik | n°36 – Septembre 2013

Candidature 2015, Interview, LIDER, Mamadou Koulibaly, OuattaraNotre AfriK: Comment se porte Liberté et Démocratie pour la République, votre parti, créé en juillet 2011, trois mois seulement après la chute du pouvoir Front populaire ivoirien (FPI) dont vous avez été l’un des membres influents ?

Mamadou Koulibaly : LIDER se porte bien, malgré son jeune âge, et a eu deux ans en juillet dernier. Ce sont deux années consacrées à la mise en place des structures et à l’implantation du parti. Nous sommes en train de parcourir le territoire entier pour nous présenter aux Ivoiriens, aux populations, pour leur faire comprendre notre vision de la Côte d’Ivoire réconciliée, de la Côte d’Ivoire qui sort de la belligérance, de la Côte d’Ivoire qui va à la liberté. Pas la liberté seulement pour les hommes politiques, mais la liberté pour toutes les populations. Deux ans de challenges que nous essayons de relever. Nous étions moins d’une dizaine à la création. Aujourd’hui, nous sommes près de 100 000 personnes dans le pays. On n’en est pas encore à 1 million de militants ou de sympathisants, mais combien de partis en Côte d’Ivoire peuvent prétendre vendre un million de cartes chaque année ?

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18/09/2013

Entretien exclusif : Mamadou raconte KOULIBALY

 

Le président de LIDER, le Pr Mamadou Koulibaly, en entretien avec Thierry Ngogang (Stv2), dévoile sa face intime: il parle de son enfance, de ses parents, de ses études, des accidents qui ont changé sa vie et de ses projets avec LIDER pour la Côte d’Ivoire… Deux heures pour découvrir un leader politique captivant et porteur d’espoir.

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23/02/2012

Alassane Ouattara, l'homme par qui le chômage ethnique est arrivé


Le 6 mai 2012, Alassane Dramane Ouattara achèvera sa première année à la tête de la Côte d’Ivoire. Dans le microcosme RHDP en général et RDR en particulier, l’on pourrait s’attendre à de nouveaux feux d’artifice dans le ciel abidjanais, à l’image de la «fête des lumières» célébrée par le couple présidentiel à l’occasion de la fin d’année 2011.

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Un constat s’impose pourtant: Au lieu du million d’emplois promis lors de sa campagne électorale de 2010, ce sont plutôt des milliers de chômeurs en plus qu’Alassane Ouattara a déversé en Côte d’Ivoire depuis son accession à la magistrature suprême il y a près d’un an maintenant. En effet, à peine installé au pouvoir, le nouveau président a procédé à des purges impressionnantes dans l’Administration et les entreprises publiques, sous prétexte d’en réduire les effectifs jugés pléthoriques. Cela pourrait être louable si les personnes licenciées ou mises au chômage n’étaient pas automatiquement remplacées par des militants nordistes de Ouattara et de son clan, ou par des membres de leurs familles. Il ne s’agit donc pas de nécessaires opérations de dégraissage ou de mises au chômage technique, mais bel et bien d’un nouveau concept créé par le pouvoir en place, qui se fait au nom des nordistes de Côte d’Ivoire : le chômage ethnique. Selon le secrétaire général adjoint de l’Union Générale des Travailleurs de Côte d’Ivoire (UGTCI), ce sont près de 80.000 employés qui avaient, au mois d’août 2011, perdu leurs emplois des suites de la crise postélectorale.

La tribu comme premier critère qualifiant

Les dernières manœuvres en date sont celles opérées, entre autres, au sein du Port Autonome d’Abidjan, de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), du ministère de la Construction, de l’Assainissement et de l’Urbanisme et de la Société des Transports Abidjanais (SOTRA), où plus d’un millier de personnes ont été mises sur la touche pour être supplantées par des gens qui partagent tous des caractéristiques communes : avoir la bonne religion, être originaire de la bonne région, militer au bon parti et appartenir au bon clan.

Ce tribalisme d’Etat domine également l’affectation des cadres politiques aux dépens de la compétence et de l’éthique : après plusieurs dizaines de nominations ethniques, Ouattara, lui-même originaire du Septentrion, envisage ainsi installer un autre nordiste au perchoir de l’Assemblée nationale. Confronté à ce sectarisme par des journalistes français, le président ivoirien a, sans sourciller, admis qu’il était au pouvoir pour faire du rattrapage ethnique. Loin de s’offusquer de ces propos outranciers et dangereux, le partenaire gouvernemental du RDR se mure dans un silence d’autant plus complice que son président Henri Konan Bédié est l’inventeur du pernicieux concept de l’ivoirité, totalement en phase avec le principe de la préférence ethnique pratiqué par son ex-adversaire.

Les Ivoiriens et la communauté internationale mesurent-ils la gravité des propos tenus par le Président Ouattara et sont-ils conscients des conséquences des politiques qui s’en suivent ? Ceux qui se réjouissent de l’apartheid tribal pratiqué par Ouattara et les nordistes qui assistent en silence à l’instrumentalisation de leur groupe ethnique se rendent coupables de complicité de purification et de division durable de la Nation ivoirienne en construction. Ce genre d’attitudes et de paroles maintient les populations dans un cercle vicieux de violence et de vengeance. Il est important de rappeler aux partisans du repli identitaire qui s’apprêtent à célébrer bruyamment et en grande pompe l’an Un de l’accession de leur champion à la présidence que le plus fort d’aujourd’hui ne demeurera pas indéfiniment en position d’écraser tous les autres. Nul ne peut se maintenir éternellement au pouvoir. Un jour, le règne de Ouattara prendra fin. Et après lui, les Dioula sont-ils prêts à affronter le regard et la revanche des autres Ivoiriens contre lesquels la politique de rattrapage ethnique a été élaborée et mise en place ? Sont-ils amnésiques au point d’avoir oublié comment les Baoulé ont plus ou moins disparu du paysage lorsque Bédié a perdu le pouvoir ou comment les Bété se terrent depuis la chute de Gbagbo ?

Les graves dérives langagières et politiques du gouvernement mettent en danger le peu de cohésion sociale qui subsiste et hypothèquent l’avenir des populations qui aspirent enfin au progrès, à la paix et à la prospérité. Afin d’éviter les ravages d’une nouvelle poudrière identitaire plus meurtrière que celle que le pays vient de connaître, il est donc plus que temps que les Ivoiriens responsables refusent de se laisser instrumentaliser par des individus pernicieux, uniquement préoccupés par le bien-être de leur clan, et rejettent sans ménagement tous les partis politiques au sein desquels le repli ethnico-tribal n’est pas inlassablement combattu.



Abidjan, le 22 février 2012

Mamadou Koulibaly

Président de LIDER
Liberté et Démocratie pour la République

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