topblog Ivoire blogs

29/01/2012

Naissance d'une tyrannie

Samedi 21 Janvier 2012 était un jour de fête pour l’Afrique : celui de l’ouverture de la 28ème Coupe d’Afrique des Nations de football, organisée conjointement par le Gabon et la Guinée Equatoriale, qui n’ont pourtant pas toujours eu des rapports amicaux, comme en témoigne le différend territorial qui oppose jusqu’à présent les deux pays à propos de l’île de Mbanié.

ivb.jpegSamedi 21 janvier 2012 était également la date choisie par le Front populaire ivoirien (Fpi), parti créé par l’ex président Laurent Gbagbo, pour «faire sa rentrée politique» à la place Ficgayo de Yopougon. Dans une escalade verbale par media interposés, les organisateurs promettaient d’aller «jusqu’au bout», d’en faire «une démonstration de force» et une manifestation de soutien «au vrai président de la Côte d’Ivoire déporté à La Haye».

Et alors qu’à travers l’Afrique, tous les amoureux du ballon rond tournaient leurs regards pleins de bonne humeur vers Bata, une tornade de feu, de pierres et de gaz lacrymogène s’abattait sur les nombreux militants du Fpi ayant répondu à l’appel de leur parti, semant mort, blessures et désolation sur son passage.

Ce qui s’est passé à Yopougon ne saurait malheureusement être une surprise pour quiconque : Deux camps figés dans la violence verbale et physique, qui dans des poussées de nombrilisme meurtrier, prennent la majorité des populations ivoiriennes, qui ne se reconnait ni dans l’un, ni dans l’autre, en otage.

Lire la suite

10:01 | Commentaires (0) |  Facebook | | |

20/01/2012

Armée de réserve : Alassane Ouattara tente de noyer le poisson

Armée de réserve : Alassane Ouattara tente de noyer le poisson.40.000 jeunes de la milice des FRCI seront dit-on formé soit pour servir de main d’œuvre bon marché soit de chair à canon si besoin.En somme une armée parallèle et prétorienne à la solde du régime qui ne fait évidemment pas confiance à l'armée régulière, la sécurité du sieur Ouattara étant elle même assuré par les forces onusiennes.


imagesf.jpeg


Sur le plateau du journal télévisé de la télévision ivoirienne, le ministre délégué à la défense annonçait hier soir la création d'une "armée de réserve". Selon le ministre c'est la solution que Alassane Ouattara lui a demandé de trouver pour les quelques 40.000 jeunes qui ont "donné leur poitrine" pour "participer à la pacification du pays".

La création de cette armée dite de réserve appelle toute fois quelques observations tant les contradictions dans les propos du ministre sont troublant.

Le ministre affirme que ces éléments de l'armée de réserve n'ont pas le statut de militaire. Alors de deux choses l'une. Soit on est dans l'armée et on est militaire soit on n'est pas militaire et on ne fait pas partie d'une armée même si elle est dite de réserve. A moins que le gouvernement nous dise qu'il s'agit d'une armée de civils autrement dit une milice. Ce qui est l'hypothèse la plus proche de la réalité. Il faut alors s'interroger sur les intentions du gouvernement qui peine a mettre au pas les hordes de jeunes désœuvrés qui ont servi de chair a canon et qui aujourd’hui attendent leur part du butin de guerre. La vaine tentative du régime de leur utilisé comme éboueurs pour récurer les caniveaux n'a semble t-il pas eu les résultats escomptés. Alors pour satisfaire ces miliciens en quête de gloire on leur fait miroiter un statut d'armée de réserve ou il seraient des militaires sans vraiment l'être.

Il faut craindre le risque de confusion chez ces jeunes gens qui pour la grande majorité gardent toujours des armes illégalement.

Ce a quoi on risque fort d'assister c'est de voir une armée parallèle et prétorienne uniquement à la solde de Monsieur Ouattara. Cette armée de réserve n'a aucune base républicaine ni aucune mission légale. Le ministre se bornant a affirmé lapidairement qu'elle sera utilisé pour finalement tout et rien a la fois : servir de main d’œuvre bon marché ou de chair à canon si besoin.


f.jpeg

10:34 | Commentaires (0) |  Facebook | | |

13/01/2012

Vœux du Nouvel An 2012 du Pr. Mamadou Koulibaly

Les trois cadeaux oubliés par le Père Noël

Le mois de janvier est la période classique dédiée aux vœux pour l’année en cours. Quelques jours se sont écoulés depuis Noël, traditionnel temps des cadeaux. Les insatisfaits sont aujourd’hui contraints à douze longs mois d’attente dans l’espoir de voir leurs souhaits comblés.

Déjà en 1993, puis en 1999 ou encore en 2002, le père Noël avait laissé des Ivoiriens sur leur faim. Cette année, ils auraient eu cruellement besoin de trois cadeaux, mais le pied de l’arbre de Noël alourdi de lumières flamboyantes ayant fait la Une de tous les journaux de la place, est resté vide. Devront-ils patienter un an de plus pour recevoir ces trois cadeaux tant attendus ? C’est d’autant plus frustrant que, plus que des cadeaux à proprement parler, leurs trois espérances étaient bien légitimes.

Tout d’abord, il y a la Démocratie, dont l’absence s’est fait remarquer de tous. Le Président de la République, élu depuis plus d’un an, a passé cinq mois de son temps à faire une guerre pour accéder à son fauteuil. Il reste de son duel, non pas seulement son adversaire cloué au pilori, comme il l’avait pompeusement annoncé à la télévision, mais leur affrontement aura laissé plus de 5.000 cadavres et d’innombrables blessés physiques, psychologiques, traumatisés pour de longues années, si ce n’est à vie.

Après cette installation avec l’aide active de la communauté internationale, France en tête, au nom de la démocratie, l’avancée tant espérée n’a fait que dériver vers l’installation d’une tyrannie. Alassane Ouattara fait tout ce qu’il veut, sans aucune limite, sans aucune contrainte. L’Etat est tout. L’Etat doit tout faire, l’Etat peut tout faire et comme c’est moi le chef de l’Etat, alors je dois tout faire, je peux tout faire comme je le veux. Telle est la philosophie politique du régime de «la solution», pour reprendre le cliquant slogan de campagne du RHDP. L’hyper-présidence n’est cependant pas compatible avec la démocratie et cet environnement rend les Ivoiriens tristes et mélancoliques.

Comment peut-on parler de démocratie lorsque le Président de la République décide du budget de la Côte d’Ivoire sur la base d’une simple ordonnance et qu’il l’exécute sans contrôle ? La démocratie est emprisonnée lorsque la Constitution est violée en permanence par le Président, quand il crée de toutes pièces, par ordonnance, une nouvelle armée dénommée «Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI)», lorsqu’il nomme par décret des gens qui ne devraient pas l’être, lorsqu’il installe un Conseil constitutionnel et une Commission électorale à son service. La démocratie est bafouée lorsque les fonds publics sont utilisés à des fins personnelles et qu’il construit un palais en transformant sa résidence privée en siège de la Présidence de la République. La démocratie est humiliée chaque fois que les hommes des troupes militaires qui ont installé le Président Ouattara au pouvoir volent, pillent et tuent des populations civiles sans que justice ne soit faite. Certes, dans ses déclarations publiques, le gouvernement dit regretter ces actes en condamnant les auteurs et en exigeant que justice soit faite, mais alors pourquoi, depuis un an, ces tueries s’amplifient-elles et les chefs de ces milices soit disant incontrôlées sont même régulièrement promus ? Les FRCI sont-elles capables de prendre des sanctions contre elles-mêmes ? Vivement que 2012 nous débarrasse de cette angoisse.

Une démocratie impose la punition de tous ces actes posés par Ouattara, ses troupes et son gouvernement. En démocratie, l’Etat de droit est un impératif. L’Etat de droit ne veut pas dire que c’est un Etat où l’on a le droit de tout faire ! C’est un Etat où l’on doit respecter les règles du droit. Sous l’arbre de Noël tape-à-l’œil de 2011, il n’y avait pas la démocratie. Nous en avons été tristes. Et de nombreuses personnes se sentent de plus en plus déprimées par cet état des choses. Vivement que 2012 nous apporte plus de démocratie et moins de déprime.

Ensuite, il y a la Responsabilité qui a fait défaut sous notre arbre. En effet, la France qui, depuis 2002 – début de la dernière crise ivoirienne – déploie ses efforts pour orienter la communauté internationale, semble avoir gagné son pari : installer qui elle veut au pouvoir en Côte d’Ivoire, pour mieux protéger le Pacte colonial. Au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, la France se présente comme le tuteur de la Côte d’Ivoire et à ce titre, c’est elle qui a confectionné les différentes résolutions pour la sortie de crise. Aujourd’hui, c’est elle qui fait du coaching pour Ouattara et son régime dans une Côte d’Ivoire encore sous tutelle. Donc, chaque fois que la démocratie est arrêtée, spoliée, emprisonnée, assassinée, la France y à sa part de responsabilité. Depuis les accords de Marcoussis en janvier 2003, il en est ainsi.

Maintenant que la France contrôle entièrement le pouvoir politique en Côte d’Ivoire, nous pouvions espérer, par exemple qu’elle ose nous dire quelle est sa part de responsabilité dans le bombardement du camp français de Bouaké en novembre 2004. Elle nous répond : secret défense.

Maintenant que la Côte d’Ivoire est, dit-on, rassemblée, la France peut-elle nous dire où sont passés les milliards de francs CFA issus des casses de la BCEAO de Bouaké et de plusieurs autres villes de Côte d’Ivoire ? La même question se pose pour les milliers de tonnes de cacao sorties frauduleusement de Côte d’Ivoire par le Nord. Elle nous répond : secret d’Etat.

Maintenant qu’elle contrôle l’armée de Côte d’Ivoire, la France peut-elle nous dire quelle est sa part de responsabilité dans les crimes commis par les FRCI au regard du droit international? Que dit-elle des vols, des braquages et autres exactions perpétrés par les troupes de Ouattara qu’elle a mission de restructurer ? Dans un tel contexte, chaque fois que Ouattara, ses troupes et son gouvernement commettent des viols de la démocratie et des droits humains, la responsabilité de la France est engagée. Cette responsabilité n’était pas sous l’arbre de Noël. Nous en avons été scandalisés. Et cela nous révolte. Vivement que 2012 apporte à chacun des acteurs plus de sens des responsabilités.

Enfin la Justice n’était pas là non plus
. Depuis 2002, la justice tente en vain de punir les criminels et la crise post électorale s’est rajoutée à la pile des dossiers mal traités. Après les élections, nous espérions un gouvernement pour tous et un Président de la République soucieux du bien-être de tous les Ivoiriens. Hélas, force est de constater que Ouattara est le Président de la «République des vainqueurs». Pour les vaincus, il est un bourreau qui terrorise. Combien d’entre eux sont en prison, parfois sans jugement ? Combien d’entre eux sont en exil ou refugiés, attendant un signal crédible qui aille dans le sens d’un traitement égal de tous par la justice ivoirienne ?

La revanche se prend pour le procureur. L’abus de pouvoir porte la toge du juge. L’impuissance devient avocat, la peur prend le peuple comme enveloppe charnelle. Le repli identitaire tribal devient le refuge de tous, du vainqueur comme du vaincu. La vengeance se donne des allures de justice.

Pensons également à toutes ces victimes habitant le Nord du pays, qui souffrent de voir enfouis dans l’impunité et l’indifférence les crimes qu’elles ont dû subir quotidiennement de la part de l’ancienne rébellion contrôlant la zone dite à l’époque CNO depuis 2002, nouvellement promue au sein des FRCI. Resteront-elles dans l’oubli, comme si leur souffrance ne comptait pas ? A trop y penser, de nombreux Ivoiriens désespèrent de l’Etat de leur pays. Tout cela nous attriste encore plus. Vivement que 2012 nous ramène l’Etat de droit.

La Côte d’Ivoire, après s’être brutalement arrêtée en avril 2011, souffre de ne plus savoir quoi faire. La crise post électorale aura pour notre pays des conséquences profondes, générales et durables. Alors, pour 2012, nous formulons à nouveau nos vœux, avec l’espoir d’être entendu cette fois. Que la réalisation de nos souhaits ouvre le pays à la paix, à la prospérité et à la liberté. Je réitère mes vœux et mon appel à toutes les personnes de bonne volonté pour que nous nous remobilisions afin de faire barrage au régime de tristesse que les «solutions» de Ouattara nous imposent.

Puisse 2012 nous apporter un peu plus d’espoir en des lendemains meilleurs.

Bonne année à tous et que la Liberté soit avec nous.

Fait à Abidjan le 12 janvier 2012.




Mamadou KOULIBALY Président de LIDER

11:43 | Commentaires (0) |  Facebook | | |